Max Cooper : Emergence


INSECTES MÉTALLIQUES

Pochette de Emergence Par Max CooperMessages de petits droïdes à la Terre, tintements métalliques, bruits d’étoffes froissées, synthés mélodieux enrobés de bruissements électroniques, chocs étouffés de corps solides, cliquetis d’idiophones, …

 

… infiltrations de nappes gazeuses et chantantes, rumeurs tacites de réacteurs, de locomotives et d’hélices, voix féminines veloutées et envoûtantes, palpitations et déverrouillages automatiques, flou artistique phonique, percussif et passionné… Max Cooper, qui verse dans l’ambient music, mérite bien son titre d’artiste IDM (Intelligent Dance Music), techno et expérimental. « Emergence », son dernier EP, est un chantier en construction permanente. Mais nulle nuisance sonore à prévoir côté voisinage : on est en présence d’un véritable réseau de communication et de régulation sonore, où chaque son se répond, ordonne et informe de manière harmonieuse et cohérente. Un peu (beaucoup) à l’image du réseau, biologique celui-là, de régulation des gènes sur lequel notre scientifique londonien a bûché durant ses années de doctorat. Prenez une grande inspiration… c’est la minute Wikipédia ! : »un réseau de régulation des gènes, c’est une collection de régulateurs de molécules qui interagissent les unes avec les autres et avec d’autres substances dans la cellule et qui commandent les niveaux d’expressions génétiques des protéines et de l’acide ribonucléique messager qui concourent à la synthèse des protéines…« . Ouf ! Vous pouvez respirer.

Aujourd’hui, Max Cooper a laissé de côté la morphogenèse, ce processus qui détermine la forme et la structure des tissus, organes et organismes, pour s’intéresser à l’agencement des textures sonores. Dans « Emergence », tout se passe comme si elles aussi avaient une vie propre : elles jouent, virevoltent, interagissent les unes avec les autres selon un schéma qu’elles semblent les seules à connaître, comme autant de petits insectes mécaniques à l’œuvre d’une grande construction. Dans ses compositions, Max Cooper privilégie la matière organique en y alliant la robotique, davantage encore que son cousin musico-spirituel, j’ai cité Amon Tobin. Il faut signaler enfin que le roman « À Travers Temps » de Robert Charles Wilson fut mon livre de chevet au moment où « Emergence » était mon album de chevet. Difficile du coup d’omettre de dire que le premier, avec ses hordes de mini-cybernétiques capables de dessiner des brouillons de vie et de réparer les êtres humains, a largement influencé l’écoute de ce dernier. Une nouvelle fois, la science-fiction a injecté du sens dans mon écoute : « Ubik » de Philip K. Dick avait déjà été responsable de ma réception sémantique du « Cheetah » d’Aphex Twin… Quand la magie de l’écrit rencontre la magie des sons, ça fait des chocapics.

 

La vidéo officielle de Symmetry, réalisée par Kevin McGloughlin


11 titres / 62 mn (Mesh) – Sortie le 25/11/2016

Max Cooper : Tous instruments – Tom Hodge : Piano – Kathrin DeBoer : Voix – Matt Colton : Masterisation

Produit par Tom Hodge & Max Cooper

En savoir plus : www.maxcooper.net


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