Moriarty : Echoes From The Borderline


UNE DÉCENNIE DE ROUTES MUSICALES

Pochette de Echoes From The Borderline par MoriartyJe partage avec André Manoukian deux passions. La première est une émission quotidienne. Sur France Inter entre 17h et 18h, il chronique dans l’émission « Par Jupiter » un monde parsemé de « routes musicales ». Et sur l’une d’elles se balade, notre seconde passion commune, la captivante voix de Rosemary Standley.

 

Bien qu’ayant une carrière solo (je vous recommande « Love I Obey », vous pourrez ainsi découvrir le théorbe), c’est avec ses acolytes masculins de Moriarty qu’on la connait le plus. Je pense que l’air bluesy de Jimmy, sorti sur leur premier album en 2007, ne vous sera pas inconnu. Ce quintet franco-américain ne pouvait que me fasciner. Outre un son principalement tourné vers l’héritage musical afro-américain, sans pour autant tomber dans la parodie, ils choisirent leur nom de scène d’après l’exubérant héros beat du « On The Road » de l’un de mes auteurs favori : Jack Kerouac. Je me rappelle très bien l’instant où débuta mon histoire avec le groupe : c’était un soir où le service public audiovisuel laissait encore sa chance à la musique entre 21h et 23h ! Outre le son, c’est l’attitude de ces cinq-là qui me plût de suite. Là où beaucoup de musicien(ne)s ne font pas toujours attention à leur allure, ceux-là s’habillent de manière à ce qu’il n’y ait pas de friction entre l’image et le son. Ils ont aussi réussi à maintenir et développer une homogénéité rétro-bande-dessinée sur leurs pochettes d’albums. Désolé, mais pour me plaire il faut aussi de l’esthétique.

Cette unité dans le style se vérifie avec le principal : l’art musical. Ils le déploient depuis une décennie par delà les pays, les continents. 800 concerts dans 25 pays, soit 514 000 kilomètres. Les deux fois où je les ai vus en concert (festival et salle), ils étaient regroupés les uns à côtés des autres, tels un organisme musical unicellulaire avec un minimum d’effets. Une symbiose d’autant plus étonnante qu’ils se permettent d’échanger leurs instruments suivant les titres. Chez Moriarty, si l’électricité aide à projeter la musique, celle-ci émane d’instruments souvent totalement acoustiques. Un choix sonore qui aide à créer avec le public une écoute, une communion. C’est ma sensation en tout cas, aussi bien en direct qu’à l’écoute de ce splendide album. Peu de raretés. Notable toutefois, cette reprise de StJames Infirmary Blues évoquant le groupe de reprises des débuts. On y trouve quelques délicieux featurings (ah, ce solo de luth malien, le n’goni…) car oui, suivre Moriarty c’est arpenter les routes musicales de notre planète.

 

Le teaser de l’album « Echoes From The Borderline »


24 titres / 116 mn (Air Rytmo) – Sortie le 10/11/2017

Rosemary Standley (alias Rosemary Moriarty) : Voix, xylophone, kazoo – Thomas Puéchavy (alias Tom Moriarty) : Harmonica, guimbarde – Arthur B. Gillette (alias Arthur Moriarty) : Guitares, piano, percussions – Stephan Zimmerli (alias Zim Moriarty) : Contrebasse, guitares – Charles Carmignac (alias Charles Moriarty) : Dobro, guitares, xylophone – Vincent Talpaert & Éric Tafani : Batterie, percussions

Produit par Moriarty

En savoir plus : www.moriartyland.net


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