A Perfect Circle : Eat The Elephant


MÉLANCOLIE CONSUMÉRISTE

Pochette de Eath The Elephant par A Perfect CircleEntre les rayons « rock progressif » ou « metal alternatif » de votre super petit disquaire, dans l’errance des courses de Noël et en quête du Graal pour votre belle-mère, vous passerez peut-être à côté du dernier album d’A Perfect Circle « Eat The Elephant ».

 

Apercevant sur la pochette un aut3ntik g0tik* tout de noir vêtu, moult maquillage coulant de ses orifices et brandissant un poulpe (oui, un poulpe !), vous vous direz sûrement qu’autant de marginalité n’aurait pas sa place sous le sapin, en fier gardien de l’esprit de Noyel. Pourtant, il y a fort à parier que belle-maman – si tant est qu’elle possède une vieille inclinaison pour les guitares qui crient – succombe à la mélancolie du monstre et ressorte son eye-liner du tiroir. Au menu, mis à part du poulpe, qu’avons-nous donc ? Apparemment, de l’éléphant. APC s’attaque à des mastodontes : contre les politiciens qui « parlent, parlent » mais ne font rien pour enrayer les désastres naturels qui nous menacent, APC prescrit une injonction à se les bouger, là, maintenant, tout de suite, zou. « Just take the step, just take the swing, just take the buy, just go all in« . Moi, je prendrais ça comme suit : commencer à bouder les grandes surfaces, se souvenir qu’un petit marché, une petite boulangerie, un petit disquaire survivent encore dans sa commune… Parce qu’il faut bien commencer quelque part, ce serait aussi, trivialement, attraper le vinaigre et le bicarbonate de soude pour faire reluire ses toilettes, évitant ainsi d’exposer ses fesses (et les petits poissons) aux substances toxiques du canard WC. Ou se convaincre par là-même que non, on n’achètera pas sa brosse à chiottes sur Amazon…

Tout cela est bien beau, mais qu’en est-il de la musique de cet opus aux allures gothiques ? En opposition à Tool, associé au « masculin », Maynard James Keenan voit en APC son côté féminin : rêveuse, fragile, douce, sensible… mais aussi colorée, expressive, fantasque, tempétueuse, fatale (mais genre !). Il est vrai que son chant, tantôt caressant, tantôt outrageux, épouse ses humeurs. Ce qui compte, c’est d’ailleurs moins ce qu’il dit que comment il le dit : sa voix, en véritable instrument, est portée par la guitare chantante et hypnotique de Billy Howerdel, le grand bonhomme derrière mes premiers émois le projet APC. On retrouve dans « Eat The Elephant » la patte de Billy qui fait jaillir des étincelles magiques et le piano qui fait éclore en mon ventre des réminiscences de petits papillons gothiques, du temps où je batifolais dans les eaux sombres des zinternet au milieu d’@ngesdéchusdu59 et autres Larmes2s@ng*… Il n’empêche, la midinette que je reste a décidé de boycotter à tout jamais Amazon et ses copains géants !

*dSl, c’est mon adolescence rompue aux skybl0gs qui reprend le dessus

 

La vidéo officielle du single Disillusioned


12 titres / 57 mn (BMG) – Sortie le 20/04/2018

Maynard Kames Keenan : Voix – Billy Howerdel : Guitares, basse, claviers, sons, chœurs – James Iha : Guitares, claviers – Matt McJunkins : Basse, claviers – Jeff Friedl : Batterie, percussions

Produit par D. Sardy, Billy Howerdel & Maynard James Keenan

En savoir plus : www.aperfectcircle.com


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