The Lemon Twigs : Do Hollywood


LÉZARDS MORTS ET SCARABÉES

Pochette de Do Hollywood par The Lemon TwigsIl y a dix-huit ans, je piochais déjà depuis deux ans dans la collection de vinyles de mon père, faisant patiemment et consciencieusement mon éducation musicale aux contacts d’étoiles incandescentes du rock, de la pop, du jazz-rock, du rock progressif.

 

De l’autre côté de l’Atlantique, à Long Island, maman d’Addario s’occupaient de ses deux bambins Michael et Brian. Pendant qu’elle donnait les biberons et torchait ses poupins, papa Ronnie d’Addario, lui, passait des disques (ah, le cas du partage des tâches domestiques… !). Comme pour moi pendant les gardes paternelles d’après-midi, ces bien curieuses berceuses forgèrent un subconscient musical ancré dans les années 60 et 70… mais guère plus loin ! Dix huit ans plus tard, ces deux gosses livrent au monde un disque de pop sixties quasiment parfait. Vous en doutez ? Posez donc l’aiguille sur les premiers sillons et découvrez I Wanna Prove To You, qui, comme son titre l’indique, démontre qu’à 17 et 18 ans ils ont bien compris les leçons des maîtres. Un Paul McCartney ou un Brian Wilson ferait-il moins bien ? Le second titre semble être une pièce méconnue des Kinks et je pourrais continuer – et vous aussi – à dénicher ici ou là les influences.

Certains penseront vite que l’on a mieux à faire que d’écouter un disque de 2016 ayant un son sixties quand cette période nous en a offert des milliers. Le rock (sous toutes ses variantes) et la pop classieuse sont des « arts morts », c’est à dire que tout a été dit, répété, transformé, mis en shaker depuis trois ou quatre décennies. De fait, il n’y a plus grand chose de neuf à attendre – entendre ? – de ce côté-là. On a encore la chance de pouvoir aller voir en concert les idoles du genre, mais dans cinq, dix ou vingt ans, il faudra se contenter de leurs œuvres. Face aux groupes « hommages » qui abondent et vivent dans le formol, il est plus nécessaire que jamais de se réjouir que deux gamins multi-instrumentistes, à peine sortis de l’adolescence (les Beatles n’étaient-ils pas à peine plus âgés à leurs débuts ?), puissent nous offrir des ballades (How Lucky I Am ?) ou des pièces plus délurées (As Long As We’re Together, A Great Snake) qui ont cette fraîcheur et cette envie de célébrer les meilleures années de la pop à l’heure du Vocodeur et de l’Auto-tune.

 

La vidéo officielle du single These Words


10 titres / 43 mn (4AD) – Sortie le 22/10/2016

Michael d’Addario : Voix, guitares, claviers, batterie – Brian d’Addario : Voix, guitares, claviers, batterie, trompette, cordes – Danny Ayala : Claviers – Megan Zeankowski : Basse

Produit par Jonathan Rado

En savoir plus : www.thelemontwigs.com


One Comment on “The Lemon Twigs : Do Hollywood

  1. Pas étonnant que ce soit Jonathan Rado qui produise ce disque. Il me semble d’ailleurs que The Lemon Twigs ont souvent ouvert pour Foxygen sur scène, non ?
    Belle chronique en tous les cas !
    😉

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