Dhafer Youssef : Diwan Of Beauty And Odd


SORTIE « DHAFER »

Pochette de Diwan Of Beauty And Odd par Dhafer YoussefOn prend goût aux découvertes, surtout quand elles sont aussi bonnes qu’inattendues. Dans la foulée de ma dernière chronique consacrée à Speed Caravan, je décidais d’approfondir ma connaissance de l’oud en jetant mon dévolu sur un autre fou du douze cordes.

 

J’ouvrais donc mon « Guide de l’oud pour les nuls » en vingt-quatre volumes, à la recherche d’une prochaine découverte de choix. A (Abou-Khalil, Rabih)… B (Brahem, Anouar)… C (Chraibi, Saïd)… D (Darwich, Sayed)… Comme d’habitude, c’est presque à la dernière page (Youssef, Dhafer)  que je trouvais mon bonheur, puisque ce dernier sortait son neuvième album il y a peu. Et alors que l’instrument de Medhi Haddab jouait vite et fort, celui de Youssef prend tout son temps pour méditer sur le monde d’aujourd’hui avec talent. Bien sûr, on avait déjà été prévenus en 2013, lors de son précédent opus « Birds Requiem », alors encensé tant par le public que par la critique pourtant souvent facile. Si « Diwan Of Beauty And Odd » constitue la deuxième livraison du Tunisien sur le label jazz Okeh Records, il s’agit en fait surtout de son premier disque enregistré entièrement avec des musiciens new-yorkais, en l’occurrence un quartet arrangé et mené tambour battant par un Aaron Parks des grands jours. Je devrais dire piano battant, puisqu’aux tambours, on trouve le couteau suisse Mark Guiliana (couteau suisse certes, mais il est aussi américain. Vous me suivez toujours ?).

Véritable ode à l’oud – et à la voix – du leader, le disque témoigne de la rencontre entre un jazz américain extraverti, chaleureux et la musique de Dhafer Youssef, à la fois enracinée dans la culture soufie et terriblement ouverte sur le monde qui l’entoure. Les compositions de l’oudiste-chanteur sont à son image, inventives, généreuses, dansantes et l’on passe d’ailleurs de la danse du ventre à la chair de poule en un instant. Dès le Fly Shadow Fly d’ouverture, on retrouve cette voix habitée et riche, à la tessiture de malade et les rythmiques asymétriques (odd measures en V.O.) dont le natif de Teboulba est friand, et qui nous accompagneront tout au long de cette heure de poésie qu’on passera avec lui. A l’évidence, le musicien a trouvé en ces yankees-là les complices idéaux tant ils semblent capables de comprendre et de partager sa vision de la musique, une vision qui, de leur propre aveu, ne leur était pas forcément naturelle. Et pourtant, à travers un jeu du Chah et de la souris passionnant, les uns et les autres reprennent à l’unisson (au propre comme au figuré) les cellules mélodico-rythmiques et autres arpèges lancés par l’oud et se fondent dans sa musique. Ce beau disque sous le coude, plus aucune raison que je boude l’oud…

 

Un trailer de l’album « Diwan Of Beauty And Odd »


11 titres / 56 mn (Okeh Records) – Sortie le 16/09/2016

Dhafer Youssef : Voix, oud – Aaron Parks : Piano – Ambrose Akinmusire : Trompette – Ben Williams : Contrebasse – Mark Guiliana : Batterie

Produit par Dhafer Youssef

En savoir plus : www.dhaferyoussef.com


One Comment on “Dhafer Youssef : Diwan Of Beauty And Odd

  1. Fichtre ! Comme c’est frustrant de n’en entendre qu’un petit bout. Je suis très impatiente d’avoir l’album entre les mains….

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