Melody Gardot : Currency Of Man


MELODY EN SOUS SOL

Pochette de Currency Of Man par Melody GardotDonc en Fa. Et le fa est mineur sur le quatrième album de la native de Philadelphie Melody Gardot. Souvenez-vous, avec Ilse G nous l’avions laissée juste après le très latin-jazz « The Absence » en 2012. Elle nous revient aujourd’hui plus blues que jamais.

 

En même temps, une ouverture constante à de nouvelles sonorités, sans aucun a priori, constitue comme une évidence pour une artiste qui se définit elle-même comme citoyenne du monde. Moi qui connaissais assez peu l’Américaine, je l’ai vite adoptée à l’écoute d’un disque – à l’image de sa pochette – en noir et blanc. Que le jazz, et plus généralement la musique, nous parle de racisme n’est pas nouveau. En effet, depuis le Strange Fruit de Billie Holiday, d’autres avant elle ont mêlé les maux de notre société à leur musique. D’autres ont chanté déjà la terrible affaire « Emmet Till », évènement déclencheur du Civil Rights Movement aux Etats-Unis. Dans leur diversité, Bob Dylan, Aimé Césaire, Emmylou Harris ou Kanye West ont ainsi prouvé que la question raciale en Amérique ne laisse personne indifférent. Ici c’est la blanche Melody Gardot qui apporte sa pierre à l’édifice, amenant une profondeur de (contre-)champ rarement atteinte à travers la musique, le texte et jusqu’au clip accompagnant un Preacherman d’anthologie. Il faut dire que la musique de la belle se découvre naturellement picturale, comme son Morning Sun le montre admirablement, le soleil matinal créant une rare accalmie dans l’exploration du tréfonds de l’âme humaine.

La voix a muri, la musique aussi. Les accents blues, voire rock, m’ont parfois enduit d’erreur lorsque j’avais l’impression d’écouter un nouveau titre des Rival Sons, à la voix distordue, aussi chaude que brute et au groove imparable. La Gardot a troqué son Steinway contre une Gibson et son look à la Zorro (olé!) la rapprocherait presque aujourd’hui d’une Anna Calvi, confortant cette impression de glissement vers un rock sans concession. Le jazz a toujours été un courant de synthèse (de nos sociétés, nos musiques, nos pensées) et la chanteuse empreinte de bouddhisme, d’alimentation macrobiotique et de physiothérapie en est décidément une figure de proue, une tête de gondole, un porte-étendard. Alors, comme moi, votez Gardot !

La vidéo officielle du single Preacherman


10 titres / 48 mn (Decca) – Sortie le 01/06/2015

Melody Gardot : Voix, guitare, piano – Mitchell Long, Reese Richardson, Dean Parks & Jesse Harris : Guitares – Pete Kuzma, Larry Goldings & Clément Ducol : Claviers – Chuck Staab & Vinnie Colaiuta : Batterie – Pete Korpela : Percussions – Gary Grant : Trompette – Irwin Hall & Dan Higgins : Saxophones – Andy Martin : Trombone

Produit par Larry Klein

En savoir plus : www.melodygardot.co.uk


One Comment on “Melody Gardot : Currency Of Man

  1. Superbe chanson. Extraordinaire clip. Je me jette sur l’album …

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