Robert Ashley : Crash


RA ET RH

Pochette de Crash par Robert AshleyLe Grand Coordinateur : Vous avez cinq minutes, Bertrand D ? J’aurais quelques remarques à vous faire.

Bertrand D : Je suis à votre disposition, Grand Coordinateur. Quelque chose vous aurait-il déplu dans mes dernières chroniques ?

 

 

LGC : Ne vous faites pas plus paranoïaque que vous n’êtes. Je me demandais simplement si, en tant qu’un des éléments les plus anciens de ce blog, vous ne pensiez pas que raconter n’importe quoi sur n’importe quel disque qui vous passe entre les mains ne risquait pas de porter préjudice, à terme, à l’ensemble de cette entreprise d’intérêt public ?

BD : Je ne suis pas sûr de bien vous suivre…

LGC : Vos chroniques sont de plus en plus élitistes et j’en viens même à me demander si vous écoutez les disques avant d’écrire à leur propos.

BD : C’est vrai, ça a pu se produire dans le passé, mais je vous assure que, ces derniers temps, je fais des efforts.

LGC : Dans ce cas, pouvez-vous m’expliquer votre décision de chroniquer « Crash » de Robert Ashley ?

BD : Premièrement, c’est le premier opéra à être mis en valeur sur « LesVeillesMusicales ».

LGC : Un opéra ? Mais personne ne chante, dans cet enregistrement.

BD : C’est vrai, ils parlent simplement. Mais quel flow !

LGC : Ne vous réfugiez pas dans des considérations techniques ! Et les instruments ? Ils sont où, les instruments ?

BD : Il n’y en a pas, Grand Coordinateur, c’est vrai. Ce sont en fait les voix qui assurent tout l’accompagnement derrière les solistes.

LGC : Et vous trouvez ça intéressant ? Et vous pensez que le nombre de visites va exploser avec des fantaisies pareilles ?

BD : En fait, je n’ai appris que tout récemment que Robert Ashley était mort en 2014. Personne ne parle jamais de ce compositeur (je ne suis même pas en mesure de renseigner la rubrique Pour en savoir plus) et ça me semblait important de rendre hommage à cette grande figure de la musique américaine.

LGC : Si vous vouliez rendre hommage aux grands décédés de ces dernières années, vous auriez mieux fait d’écrire sur Michel Delpech.

BD : …

LGC : Ou sur Pierre Bachelet.

BD : Il est vivant, Grand C. Je pense que vous confondez avec Pierre Henry. Mais j’avais déjà écrit sur lui, alors…

LGC : Je pense que nous allons devoir nous passer de vos services, Bertrand D.

BD : Je crains que vous n’ayez aucun pouvoir sur moi, Grand Coordinateur.

LGC : Et pourquoi donc, je vous prie ?

BD : Parce que vous n’existez pas, tout simplement. Je viens de vous inventer en écrivant ce dialogue. Parce que Robert Ashley, ce sont des personnages qui parlent, et qui parlent, et qui parlent. Et à force de parler, ils finissent par exister. Un peu.

 

Le premier acte


6 titres / 90 mn (Lovely Music) – Sortie le 10/03/17

Gelsey Bell, Amirtha Kidambi, Brian McCorkle, Paul Pinto, Dave Ruder & Aliza Simons : Voix


One Comment on “Robert Ashley : Crash

  1. Mes voyages en train à geeker sur le site des Veilles Musicales n’auraient pas la même saveur sans les chroniques de Bertrand D. Je suis époustouflée!

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