Venezuela 70 : Cosmic Visions Of A Latin American Earth


MIXITÉ NON FEINTE

Pochette de Cosmic Visions Of A Latin American Earth par Venezuela 70Fier d’être un Insoumis, bien souvent on me donne sur tous les tons du « Venezuela » (à quoi je rétorque, taquin : « Benazuella »)! Il était donc naturel pour moi de choisir cette compilation qui occupe depuis cette nuit ma chaine. Tourne, tourne, petit vinyle (double album…).

 

Il y a deux ans, pour l’été, je vous présentais un groupe des 70’s de ce continent avec les Brésiliens de Spiteri. Voici ici rassemblée, par le toujours brillant label Soul Jazz, une certaine scène musicale (toujours dans les années 70) d’un pays qui occupe nos JT sans jamais vraiment prendre le temps d’en découvrir l’histoire et la culture. Ainsi suis-je étonné d’y trouver certains musiciens purement originaires d’Allemagne. L’influence synthétiseur de la vieille Europe est présente dès l’ouverture avec le titre cosmique Araguaney de Vytas Brenner ou avec Angel Radas et son Basheeba qui côtoient curieusement, sauf en géographie continentale, un titre nommé Machu Picchu. Il s’agit en fait d’une somme de petites perles tarabiscotées se payant le luxe de jouer de l’afro-(sud)-américain suintant le mélange (Son De Tambor Y San Juan des Un Dos Tres Y Fuera). On s’éclate entre autres autour d’un instrumental heavy-exotique (Joropo N°1 de Grupo C.I.M) puis on remet le saphir sur le sillon, nous envoyant planer sur le jazz psycho-funky de Miguel Angel Fuster ou carrément pour un funk barré avec Caracas Para Locos. J’aime les ballades 60’s à la sauce Jefferson Airplane/Fairport Convention, bel exemple exotique avec Barcos De Papel de Fernando Yvosky. Franchement, je suis très heureux d’avoir accroché à la proposition musicale, car même si j’apprécie l’art des Mondrian et Malevitch, la pochette n’est pas trop réussie à mon goût cette fois, contrairement à l’objet de ma chronique précédente (pour celles et ceux qui les suivent). Reste au final l’essentiel : des extases chamaniques à pénétrer tel cet Amor En Llamas de Pablo Scheiner. Il y a des chansons plus traditionnelles très réussies et je perçois les ondes d’un Magma sous la cordillère des Andes dans Irene de Aldemaro Romero Y Su Onda Nuevo. Le summum s’incarnant dans le Dame De Comer de Miguel Angel Fuster ou dans l’orchestration des cordes et le groove du même gars, dans La Quema De Judas.

Pour être honnête, ces gars méritaient à l’époque plus d’attention. Béni et maudit soit notre temps. Ainsi, notre époque nous permet d’entendre les jeunes d’un autre continent et d’un pays qui entre de plein pied dans la modernité (instructives, les notes de pochette…) qui, transcendant leurs influences et le bagage culturel et musical local, prouvent que le métissage, la migration et le partage sont vecteurs de beautés. Une leçon à toutes celles et ceux qui s’enferment ou enferment, qu’ils se revendiquent de Simon Bolivar (le pauvre) ou bégayent une novlangue sans âme sous les ors du Palais Bourbon.

 

Tout l’album en écoute


16 titres / 62 mn (Soul Jazz Records) – Sortie le 24/06/2016

De trop nombreux musiciens pour les citer tous ici…

Sélection par Toni Arrelano

En savoir plus : www.soundsoftheuniverse.com/cosmic-visions-of-a-latin-american-earth


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