Nicolaï Rimski-Korsakov : Le Coq d’Or


POUCHKINE DE SEPT À ONZE

Pochette de Le Coq d'Or par Pouchkine & Rimski-KorsakovDans le « Livre Des Êtres Imaginaires », l’écrivain argentin Jorge Luis Borges passe en revue nombre de créatures fantastiques, du golem au lièvre lunaire, en passant par le centaure et l’éléphant qui prédit la naissance de Bouddha.

 

Il nous apprend entre autres que « selon les Chinois, le Coq Céleste est un oiseau au plumage doré qui chante trois fois par jour », que sa voix est « très forte » et que « tous les coqs de la terre descendent du Coq Céleste qu’on appelle aussi l’Oiseau de l’Aube ». Tous les coqs de la terre sûrement, mais qu’en est-il du Coq d’Or de Pouchkine, que Borges ne mentionne pas, le fabuleux gallinacée qu’un mage remet au tsar Dadon ? Le rôle du coq est simple : il faut défendre les frontières du royaume contre les menaces que représentent les envahisseurs potentiels ; perché en haut de la citadelle, l’oiseau, dès qu’un danger se fait sentir, se tourne du côté du lieu de l’attaque en criant, permettant ainsi aux armées du souverain de repousser l’ennemi. En ces temps troublés, on peut le voir comme un plan Vigipirate en plus poétique. Le conte fut mis en musique par Nicolaï Rimski-Korsakov, qui en fit un opéra en 1907. Ceci ne nous concernerait que de loin si les Percussions Claviers de Lyon n’avaient eu l’idée remarquable d’en faire un spectacle, en transcrivant les parties orchestrales pour leurs marimbas, vibraphones et xylophones (merci Gérard Lecointe qui s’est chargé de l’opération).

En fait, les parties ainsi transcrites ne proviennent pas que du Coq d’Or, mais aussi d’autres œuvres de Rimski-Korsakov comme La Grande Pâque Russe, Sadko ou Shéhérazade, pour ne citer qu’elles. Les Percussions Claviers de Lyon n’en sont pas à leur coup d’essai : en 2003, ils s’intéressaient aux musiques de Frank Zappa et en 2004 sortaient l’admirable « Mix » en compagnie de l’Ensemble (Orchestre de Basse-Normandie) et des batteurs de Dakar, menés par l’incontournable Doudou N’Diaye Rose. Belles manifestations d’ouverture et d’éclectisme. Cerise sur le gâteau, le narrateur, sur cet enregistrement, n’est autre que Denis Podalydès. La pochette nous prévient : cet enregistrement est prévu pour les sept-onze ans. Dans un pays qui a proclamé l’État d’Urgence, je pense qu’on peut s’autoriser à élargir le spectre : si la culture est un des derniers remparts contre la barbarie, un coq doré perché sur chaque mairie, et le terrorisme international n’a qu’à bien se tenir.

Petite présentation de l’album « Le Coq d’Or » en images


12 titres / 52 mn (Little Village) – sortie le 22/09/2015

Denis Podalydès : Narration – Raphaël Aggery, Sylvie Aubelle, Jérémy Daillet, Gilles Dumoulin & Gérard Lecointe (Les Percussions Claviers de Lyon) : Percussions

En savoir plus : ww.lespcl.com


One Comment on “Nicolaï Rimski-Korsakov : Le Coq d’Or

  1. J’adore le coq doré perché sur chaque mairie. Il ne servirait à rien (non plus) mais au moins il pourrait être joli !
    Et la musique et très jolie.
    merci Bertrand D

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