Sarah Lancman : À Contretemps


JAZZ L(V)OCAL

Pochette de À Contretemps par Sarah LancmanC’est un comble mais le musicien mélomane que je suis ne s’est même pas déplacé à la Fête de la Musique hier. Trop de bière, plus assez d’airs selon moi. Heureusement, pour faire de bonnes découvertes en ce jour d’été boréal, il me reste LesVeillesMusicales, et aujourd’hui Sarah Lancman.

 

En 1982 pourtant, le concept avait tout pour séduire mais cet évènement aujourd’hui mondial n’est – chez moi en tout cas – bien souvent plus l’endroit idéal pour se promener en famille. Le vieux râleur que je suis préfère alors rester ici avec vous et prendre le temps (le contretemps serait ici plus judicieux) pour partager ses dernières trouvailles musicales. Sarah Lancman publiait donc il y a quelques mois le troisième jalon d’une carrière encore jeune puisqu’elle sortait son premier album de reprises « Dark » en 2012, encouragée par le grand Quincy Jones lui-même, s’il vous plaît. Sur LVM, on pourrait sélectionner cette Mademoiselle-chante-le-jazz (n’en déplaise à Patricia Kaas) dans le même onze de départ (Coupe du Monde oblige) que ses compatriotes Lou Tavano, Léa Castro ou Mathilde (bon d’accord, il faudra encore découvrir d’autres talents pour avoir une page d’album Panini de l’équipe complète mais on y travaille). Comme pour elles, il aura fallu à Sarah Lancman la rencontre avec un vieux briscard du jazz pour accoucher de ce très bon disque, comme déjà de son prédécesseur : alors que Mathilde avait Jacky Terrasson, pour Sarah ce sera Giovanni Mirabassi, un autre pianiste de renom qui a joué avec les plus grands, de Chet Baker à Glenn Ferris en passant par Steve Grossman.

C’est donc Mirabassi qui trouvera les musiciens, il poussera la vocaliste-pianiste à composer et co-écrira même avec elle. Le résultat est un jazz en trio de facture somme toute classique, mais fait uniquement de compositions originales où le piano délicat de l’un joue avec la voix chaude de l’autre, en anglais et en français. Une voix que je rapprocherais volontiers de la volubile Mimi Perrin, illustre leader des Double Six, avec qui le rapprochement est encore plus évident lors de la séance endiablée de scat en duo avec Toku, sur I Want Your Love. Le chanteur-bugliste japonais constitue d’ailleurs l’autre intérêt d’un disque finalement très équilibré. Il accompagne la Française de sa rassurante voix de crooner au timbre si particulier et rappelle que le pays du Soleil-Levant est depuis longtemps une plaque tournante du jazz, lui-même étant déjà crédité de treize albums chez Sony Jazz Japan. C’est d’ailleurs l’occasion pour la chanteuse de travailler son japonais sur une version bonus de sa belle composition On s’Est Aimés. Quand on sait que le disque de la belle a été enregistré en Thaïlande, avec un batteur américain, un contrebassiste italien et un percussionniste cubain, on se dit que la plaque tournante, c’est elle-même, point de rencontre, point de départ et point de suspension. C’est ça le jazz (si vous préférez, en japonais, それがジャズです).

 

Le teaser de l’album « À Contretemps »


11 titres / 44 mn (Jazz Eleven) – Sortie le 19/01/2018

Sarah Lancman : Voix, piano – Giovanni Mirabassi : Piano – Gianluca Renzi : Contrebasse – Gene Jackson : Batterie – Lukmil Perez : Percussions – Toku : Voix, bugle

Produit par Giovanni Mirabassi & Sarah Lancman

En savoir plus : www.sarahlancman.com


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