Hadouk : Le Cinquième Fruit


PRENEZ-EN CINQ

Pochette de Le cinquième fruit par HadoukDanser sur du cinq temps n’est pas chose aisée. Et, hors des dance-floors, les succès asymétriques sont rares. Cherchons un peu. La boucle irrégulière de Tubular Bells de Mike Oldfield. Solsburry Hill de Peter Gabriel. L’imparable Money de Pink Floyd. L’improbable Golden Brown des Stranglers (une valse en 13/4, si mes pieds ont bonne mémoire).

Et l’interplanétaire Take Five de Dave Brubeck (mais composé par Paul Desmond) à qui l’on avait prédit un oubli rapide, puisque indansable. Ironique, pour un titre qui est devenu au jazz ce que le Boléro de Ravel est à la musique classique. Un truc qui reste dans la tête, qui ne retombe pas sur ses pieds comme on s’attendrait qu’il le fasse, mais qui s’incruste. Rassurez-vous : il est fort peu probable que les ritournelles du dernier disque de Hadouk, Le Cinquième fruit, connaissent une telle destinée. Ou alors, c’est que le monde a bien changé. Mais pour les amateurs, ce disque est un bonheur hypnotique, dès le premier morceau, Matin du faune (le prélude à l’après-midi du même ?). Hadouk a commencé comme un duo (Didier Malherbe et Loy Ehrlich en 1996), puis est devenu le Hadouk Trio (en 1999) avec l’adjonction de Steve Shehan (dont le disque Hang with You a été chroniqué ici-même), avant de muter en Hadouk Quartet en 2013 (voir la chronique de Ilse G). Nous voici revenus à un simple Hadouk qui simplifie le travail du comptable. Les deux membres fondateurs sont toujours là, avec Eric Löhrer et Jean Luc Di Fraya, produisant cette musique « entre catégories » qui fait leur spécificité, ni vraiment jazz, malgré la part importante laissée à l’improvisation, ni vraiment world, malgré le nombre d’instruments imprononçables qui se télescopent au gré des dix titres de l’album. Ni vraiment rien, en fait. Le titre So Gong rappelle aux plus de quarante ans que Didier Malherbe fit partie, au début des années 70, de ce groupe franco-anglais post-psychédélique qu’on avait déjà du mal à classer. Et ça continue…

En introduction de l’album


10 titres / 50 mn (Naïve) – sortie le 17/03/2017

Didier Malherbe : doudouk, flûtes, saxophones soprano, houlousi – Loy Ehrlich : gumbass, hajouj, ribab, tanbur – Eric Löhrer : guitares, lapsteel – Jean Luc Di Fraya : batterie, percussions, voix

Pour en savoir plus : www.didiermalherbe.com/triof.html

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