Amando Risueño : Campo Abierto


DOIGTS DONNEURS

Pochette de Campo Abierto par Amando RisueñoOuf. Me voilà de retour parmi vous, après une immobilisation de la main droite due à une petite opération (plus de peur que de râles, rassurez-vous. Merci). Je peux enfin réutiliser pleinement mon index (première phalange, soyons précis) encore à peine douloureux.

 

C’est que nous avons évité le tendon sectionné, voire l’amputation de la main, du bras peut-être, que sais-je. Enfin, je prends sur moi et vous emmène enfin à la découverte d’un personnage qui serait bien embêté, lui, de ne pouvoir utiliser sa main. Amando Risueño est né en Argentine, il a étudié la guitare classique à Buenos Aires avant de se consacrer au jazz, puis au tango et aux musiques traditionnelles argentines. C’est en 2011 qu’il s’installe en France, d’où il peut faire rayonner son art, fait d’arrangements ciselés et d’interprétations habitées du répertoire argentin. « Campo Abierto » signifie littéralement la grande plaine et il illustre merveilleusement une relation de l’homme à la nature et à la terre, une invitation à « contempler nos paysages intérieurs et à porter notre regard au-delà des lignes d’horizon dans un hommage à l’insaisissable ». Vaste projet, dans lequel le Messi guitaristique s’engage avec fierté mais en toute humilité, avec pour seuls complices sa guitare, ses cordes et son repose-pied.

L’album nous invite à un moment d’une intimité rare, dans les conditions d’un live ascétique : on a l’impression d’être dans la même pièce qu’Amando. Le chant de ce dernier dialogue avec son instrument et tous les deux, ils parviennent à nous faire traverser l’Atlantique pour nous retrouver dans une petite maison colorée du quartier de la Boca à Buenos Aires, à siroter du maté en nous initiant au tango, à la milonga et à la zamba. Et, cerise sur le gato, le guitariste peut même s’offrir le luxe d’y jouer sur un instrument d’exception – une José Yacopi 1964 à plus de 5 000€ – prêté par la Galerie des Luthiers à Lyon. S’il n’est pas question ici de déplacements de populations d’envergure, le guitariste-chanteur montre une nouvelle fois comme il est bien souvent viscéral pour un artiste déraciné d’invoquer son pays, sa terre et sa richesse à travers son œuvre. D’ailleurs, les ombres bienveillantes d’autres illustres Argentins planent forcément sur cet enregistrement : le bandonéoniste Astor Piazzolla, le pianiste Sebastian Piana, le violoniste Juan de Dios Filiberto et bien sûr, comme une évidence, le poète-guitariste Atahualpa Yupanqui, dont Risueño reprend certaines pièces. Voici donc un enregistrement, aussi poétique que didactique, à offrir (pour Noël ?) à tout passionné de guitare, d’Argentine, de tango ou des trois. Et qui a de préférence tous ses doigts. Merci, Amando.

 

Amando Risueño interprète Zamba De Mi Esperanza


13 titres / 47 mn (Nuevo Mundo) – Sortie le 07/09/2018

Amando Risueño : Voix, guitare

Enregistré par Emmanuel Le Duigou

En savoir plus : www.amandorisueno.com


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