Camarao Orkestra : Camarao Orkestra


SAOULE (HIPS) BOSSA-NOVA

 

Pochette de Camarao Orkestra par Camarao OrkestraAyant tout juste relu quelques-unes de mes récentes chroniques sur LVM (je sais, ça fait particulièrement nombriliste mais c’est comme ça), je me dis que ça fait un bail que je n’y ai pas parlé de bouffe. Et justement, je crois que j’ai trouvé le disque qu’il faut.

 

Les crevettes, tiens, vous aimez les crevettes ? Parce que moi j’aime bien manger des crevettes. Grises, roses, gambas, peu importe, avec une bonne mayo ou avec des tagliatelles, du paprika et de la crème, c’est un régal je ne vous dis que ça. Alors forcément, tout un orchestre de crevettes (camarao) qui jouent de la samba dans du funk (et inversement), ça ne pouvait qu’attirer à la fois mon estomac et mes oreilles. Camarao Orkestra vient donc de sortir son premier album, et ça dépote grave. Imaginez une brochette (encore de la bouffe ?) de onze musiciens qui ont le virus de l’afoxé et qui, loin des batucadas qui fleurissent un peu partout, mettent en évidence le lien indécrottable qui peut unir le jazz aux musiques latines. Sous la houlette du trompettiste Paul Bouclier, la formation parisienne déroule ainsi huit longs titres qui auraient aussi bien pu servir de bande son endiablée à un remake de L’Homme De Rio version 2016, même si à 83 ans Bebel ne pourrait sûrement plus faire toutes les cascades.

Alors je l’ai dit, si la musique est brésilienne, le groupe lui est bien d’ici et je me suis bien amusé à retrouver des noms que je connaissais dans cette musique venue d’ailleurs. A commencer, par exemple, par le pianiste jazz Florian Pellissier, au sujet duquel je me souviens avoir publié une chronique comme si c’était hier (en fait, c’était presque hier). Il abandonne son quintet le temps de siroter quelques sambas sur la plage de Copacabana (Paris-Plage fera sûrement l’affaire pour l’instant). Point de batterie ici, mais plutôt trois percussionnistes qui, aux côtés d’une rythmique somme toute assez classique (claviers, guitare, basse) mais diablement efficace, font un travail remarquable, nous plongeant véritablement dans l’ambiance des nuits sud-américaines, dans ce qu’elles ont de plus exubérant. Deux chanteuses, Amanda Roldan et Agathe Iracema, viennent poser leur voix sur un tapis de grooves imparables ponctués par les interventions d’une délirante section de cuivres. Il en résulte une musique hybride et terriblement dansante, un peu comme si Gilberto Gil rencontrait Tower Of Power en plein carnaval de Rio. Alors oui décidément, musique et gastronomie feront toujours bon ménage. Miam !

 

Le making-of de l’album « Camarao Orkestra »


8 titres / 51 mn (Clapson Records) – Sortie le 04/03/2016

Paul Bouclier : Trompette – Thibault Duquesnay : Saxophone alto – Olivier Zano : Saxophone ténor – Benoît Giffard : Trombone – Florian Pellissier : Claviers – Farid Baha : Guitare – Virgile Raffaëlli : Basse – Stéphanie Valentin, Claude Cuzon & Erwan Loeffel : Percussions – Amanda Roldan & Agathe Iracema : Voix

En savoir plus : www.accent-presse.com/actualites/camarao-orkestra


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