The Rolling Stones : Blue & Lonesome


C’EST RE-BLUESY POUR UN TOUR !

Pochette de Blue & Lonseome par The Rolling StonesLa bande à Ron Wood sort son premier disque studio depuis onze ans et ce sont douze reprises ! Ne fais pas le blasé : depuis quand les Rolling Stones n’ont pas sorti un disque studio que l’on peut repasser sur sa platine sans être gêné par les remplissages et autres plagiats de leurs propres tubes ?

 

Je crois que l’on peut tous s’accorder sur « Some Girls » (1978) ! Alors un retour aux sources du pourquoi ce plus-grand-groupe-de-rock-au-monde s’est formé en 1962 n’est absolument pas pour me déplaire. Le terme plus-grand-groupe veut bien dire ce qu’il veut. Je ne dis pas le-meilleur, les Rolling Stones étant bien connus pour leur côté bancal, souvent à la limite du dérapage à peine contrôlé. Et l’âge n’améliore pas les choses, hormis Mick toujours aussi incroyable, en chanteur et en showman ! Cette bande de fans de toutes les musiques noires (Charlie Watts ne vit que pour Charlie Parker) ramassa dans le ruisseau les titres méconnus de Muddy Waters, Chuck Berry, Howlin’ Wolf ou Little Walter et, lorsque la chaudière est à la bonne température, te sort les doigts dans le nez le groove bluesy à souhait. Bordel, écoute juste le premier titre Just Your Fool, ça roule !

La passion des Rolling Stones pour le blues a ponctué très régulièrement leur longue carrière. Keith et Mick se retrouvèrent sur le quai de Dartford par une froide journée de 1961, alors que le second avait des vinyles en import de Muddy Waters et Chuck Berry. Ils rejoignirent Brian Jones, celui-ci – fan d’Elmore James – excellant en slide. Ils débarquèrent dans les foyers anglais et américains (français ?) avec leurs trois ou quatre premiers disques remplis presque exclusivement de reprises sorties depuis dix ou quinze ans sur plus grands labels de blues US : Vee-Jay, Chess Records… Ils firent peur aux parents en jouant dans des émissions de divertissements des trucs de Willie Dixon comme I Just Want Make Love to You. Après un court virage pop, les Stones replongèrent à partir de 1968 encore plus aux sources du blues rural et du son bien roots. Franchement, qui connaissait Prodigal Son de Robert Wilkins ? A la mort de Brian Jones, ils remontèrent sur scène à Hyde Park avec un titre de Johnny Winter, attentifs à la génération montante du blues-rock. La quadrilogie « Beggar’s Banquet », « Let It Bleed », « Sticky Fingers », « Exile On Main Street » ne fut qu’un sublime hommage à toutes leurs influences, afro-américaines, soul, gospel, country, delta-blues… Midnight Rambler était le summum des prestations live du groupe, sexy et groovy. Un condensé de leurs influences formidablement excitant grâce à l’harmonica de Mick – qui fait sur ce « Blue & Lonesome » des merveilles.

On retrouve les noms des Stones sur les « London Sessions » de Howlin’ Wolf, sur le « Drinkin’ TNT ‘n’ Smokin’ Dynamite » de Buddy Guy ou encore sur l’ultime album de Jimmy Rogers en 1999. Il n’est pas rare qu’ils fassent monter sur scène leurs idoles ou qu’ils jouent derrière eux comme des étudiants recevant une leçon, à l’image du concert au Cherkerboard Lounge de Chicago en 1981 avec le Bouddha Muddy Waters – à qui ils doivent leur nom d’ailleurs ! Alors, si les gars que je viens de citer ici te sont étrangers voici un disque pour démarrer (évidemment, tout de suite après écoute les originaux). Tu as de la chance, tu n’auras plus à attendre sur le quai d’une gare pour écouter la meilleure musique venue des Etats-Unis, mais par contre rien ne t’empêche de remplir ton lecteur mp3 de ces gars-là. C’est de la bonne, je sais de quoi je parle : elle coule dans mes Blue Veins depuis presque vingt ans.

 

La vidéo officielle du single Ride ‘Em On Down


12 titres / 42 mn (Polydor) – Sortie le 02/12/2016

Mick Jagger : Voix, harmonica – Keith Richards : Guitares – Ron Wood : Guitares – Daryl Jones : Basse – Charlie Watts : Batterie – Eric Clapton : Lead guitar (guest) – Chuck Leavell : Piano – Matt Clifford : Wurlitzer, piano électrique

Produit par Don Was

En savoir plus : www.rollingstones.com


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