Ben Sidran : Blue Camus


LE MONDE QU’ALICE VOULAIT

Pochette de Blue Camus par Ben SidranN’allez surtout pas croire que je suis obsédé par Lewis Carroll. Mon chat ne vient pas du Cheshire, je ne fréquente aucune reine (ni rouge, ni d’aucune autre couleur) et quand je mange des champignons, ils ne me font ni grandir, ni rapetisser.

Mais je pense néanmoins que, par une étrange contamination, ce monde ressemble de plus en plus à celui d’Alice. Nombre d’informations qui me parviennent m’amènent à penser que nous avons suivi le lapin blanc par le souterrain et que nous avons du travail pour refaire le chemin en sens inverse. Ibrahim Maalouf et Oxmo Puccino avaient déjà, le mois dernier, apporté leur pierre à l’édifice. Cette fois, c’est Ben Sidran qui s’y colle, avec, sur son dernier opus, « Blue Camus », la chanson Wake Me When It’s Over, la bien nommée, inspirée notamment par la Tea Party d’Alice Au Pays Des Merveilles. Certes, Lewis Carroll n’est pas le seul auteur invité sur l’album, puisqu’on y trouve aussi Albert Camus, George Orwell, Federico Garcia Lorca et Michael Pollan. Et la pochette nous montre un Ben Sidran ébloui par la lumière, comme le Meursault de L’Étranger par le soleil algérien.

Un disque dans lequel les voix se posent, dans un débit souvent proche du spoken word, sur une pâte sonore où domine l’alliage du piano électrique Wurlitzer de Sidran et de l’orgue Hammond de Ricky Peterson. Ben Sidran n’est plus un débutant, après avoir collaboré avec Van Morrisson, Herbie Hancock et Wynton Marsalis entre autres, et publié un nombre conséquent d’albums sous son nom, dont le très curieux « Dylan Different », consacré à des reprises du barde américain, mais ce dernier opus témoigne d’une créativité toujours alerte. Et, ce qui ne gâte rien, on peut même taper du pied, se souvenir de Mal Waldron avec la reprise de Dee’s Dilemna et goûter le saxophone très urbain de Bob Rockwell dans The King Of Harlem. Ah! Excusez-moi, on sonne à la porte, c’est probablement le facteur qui vient me livrer le sujet d’une prochaine chronique. Bonjour. D’accord, je signe ici. C’était bien ma commande. Mais ce n’était pas le facteur habituel. C’était un lapin. Un blanc.

Une chanson pour le bain


8 titres / 45 mn (Bonsaï Records) – Sortie le 08/11/2014

Ben Sidran : Piano, Wurlitzer, voix – Leo Sidran : Batterie – Ricky Peterson : Orgue Hammond –  Billy Peterson : Basse – Bob Rockwell : Saxophone – Trixie Waterbed : Choeurs

Produit par Leo Sidran

En savoir plus : bensidran.com


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.