Lianne La Havas : Blood


MY NAME IS BLONDE

Pochette de Blood par Lianne La HavasBlonde, brune, peu importe le contenant pourvu qu’on ait l’ivresse. Alors le deuxième opus de Lianne La Havas – déjà nominée au Mercury Prize en 2012 et forcément attendue au tournant – est-il à consommer sans modération ?

 

Notez d’abord si vous le voulez bien que les chroniques se suivent et ne se ressemblent pas sur LesVeillesMusicales. Certes, il y a trois semaines je vous parlais déjà d’une Anglaise ayant des accointances avec la Jamaïque. Mais les similitudes s’arrêtent là. Si La Havas a pour sa part de réelles origines jamaïcaines, sa musique n’a pour le coup rien à voir avec cette filiation maternelle. Et puis elle est brune. À l’instar des derniers albums d’Alt-J – sur lequel la chanteuse avait d’ailleurs posé sa voix – ou plus récemment de Tame Impala et Son Lux, « Blood » fait partie de ces disques d’artistes dont j’avais laissé passer la première galette. Une forme de rattrapage donc pour mes petites oreilles curieuses, mais un premier état des lieux s’imposait : Lianne La Havas a 26 ans (c’est jeune) et compte parmi ses mentors le folktronicien Justin Vernon (artistiquement, c’est top) et le très fashion Prince (commercialement, c’est top). Quand on sait qu’elle a connu déjà les plus grands festivals (Glastonbury, North Sea Jazz, Afropunk…) et que l’album est coproduit par Paul Epworth (Adele, U2, Foster The People ou Coldplay, rien que ça), on se dit là que c’est plus fort que Sirosport.

Cependant, il convient de ne pas juger la Britannique à son carnet d’adresse mais plutôt à sa musique. Et je dois admettre que la surprise fut plutôt bonne. Après un départ tonitruant, en quelques singles pop à l’electro-soul enjouée certes efficace mais un peu lisse, La Havas se révèle plus fragile au fur et à mesure que les minutes s’égrènent. Après l’excellent Tokyo, la deuxième partie du disque laisse entrevoir peu à peu une autre chanteuse, guitariste capable d’écrire et d’interpréter sans fard ni maquillage de somptueuses chansons (Ghost). Quelques arpèges bien sentis plus tard, les pistes se brouillent, les inspirations et aspirations de la belle se font moins évidentes et j’ai alors pu apprécier pleinement la voix souple, chaude et le flow particulier d’une artiste encore en mutation que je rapprocherais finalement plutôt de Sandra Nkaké ou Laura Mvula, d’autres dignes ambassadrices d’une jazz-soul enivrante. De quoi avoir la tête qui tourne sans un Graham d’Al Cole.

La vidéo officielle de Unstoppable


11 titres / 45 mn (Warner Bros) – Sortie le 04/09/2015

Lianne La Havas : Voix, guitare – Paul Epworth, Matt Hales, Stephen « Di Genius » McGregor & Mark Batson : Claviers, programmations – Chris Dagger : Basse – « Lucky » Paul Taylor : Batterie, percussions – Keenan O’Meara : Chœurs – …

Produit par Paul Epworth, Matt Hales, Stephen « Di Genius » McGregor, Mark Batson, Jamie Lidell & Lianne La Havas

Lire la chronique de « Blood » sur le blog Les Oreilles Curieuses

En savoir plus : www.liannelahavas.com


2 Comments on “Lianne La Havas : Blood

  1. J’avoue que cela ne m’étonnerait pas, tant elle semble être une artiste accomplie, curieuse et touche-à-tout… A creuser, donc !

  2. J’adore la voix, qui a d’abord faussement l’air fragile.
    Elle ne ferait pas aussi de la danse, la dame ?

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