David Bowie : Blackstar


L’AVIS SUR MARS

Pochette de Blackstar par David BowieEn ce début d’année, la rubrique nécrologie des stars déborde (aah, sacré Michel Galabru…). Sur LVM forcément, il est des noms qui nous touchent plus que d’autres. A l’occasion de la sortie de son nouvel album, regards croisés de nos veilleurs sur ce que représente, pour eux, David Bowie.

 

Maxime C : Le voilà l’ultime ouvrage, le testament qui n’en était pas un le jour de sa sortie, du moins pour nous, les fans qui pourtant avions été mis en transe par l’audace d’un artiste qui au-delà des formats et des modes, sortait il y a quelques semaines un single de plus de dix minutes (diminué pourtant de quelques secondes pour correspondre aux standards du streaming) mais sans compromis commercial. Ce choix revenait aux temps immortels des disques phares et à chaque fois renouvelés des 70’s, notamment le titre fleuve et hypnotique « Station To Station » (mon favori). On trouvera çà et là des clins d’œil aux œuvres passées, des messages d’adieux, mais loin d’être une redite ou le travail d’un homme aux bords du précipice de la mort, David Bowie aura jusqu’au bout renouvelé et poursuivi une œuvre colossale qui s’achève malheureusement, mais fort heureusement par son meilleur album depuis… (là cela dépend de vos goûts) ! Son ultime album n’a que peu à voir avec le précédent publié en 2013, « Blackstar » est composé de cinq nouveaux titres qui sont plus inspirés par le jazz que par la pop, il y ajouta deux titres repensés brillamment parmi les bonus de « The Next Day ». Un disque global traversé d’atmosphères empruntant avec un égal bonheur autant au passé qu’aux sons modernes. Une étoile noire qui brille, on n’avait encore jamais vu cela, mais Bowie l’a fait !

Demetrius P : Oserai-je l’avouer au milieu de tous les mélomanes qui traînent ici : longtemps, j’ai secrètement tout ignoré de la musique de David Bowie. Lui préférant d’autres figures du Panthéon du rock qu’il m’était plus facile de définir et de catégoriser, je pense que j’étais dérouté par l’aspect totalement polymorphe de sa production et la folie – toute britannique (fou, mais avec classe…) que dégageait le personnage pourtant discret. Heureusement, il y a quelques années, je prenais la discographie bowieenne à rebrousse-poil. Comme pour toute connaissance que l’on fait trop tard, je me rattrapais en en dévorant compulsivement les coins et recoins, conscient que la tâche était ardue et qu’il fallait me dépêcher. Trop tard. Le 10 janvier, je l’ai déjà dit ici, c’était ma fête. Triste fête. Heureusement, il me restera ce disque foisonnant, ces arrangements impeccables, cette voix touchante et juste et cette folie (qui aujourd’hui pourrait réaliser un clip de dix minutes comme celui qui se trouve plus bas ?). Si « Blackstar » est le dernier disque du géant David Bowie-Jones, il est le premier que j’aurai écouté dès sa sortie. Tout ne fait donc que commencer…

Bertrand D : Quel foutoir ! Le chef de service de la section Musique m’a dit : « tu remets de l’ordre dans les fichiers de la planète Terre : l’ordre alphabétique n’en est plus un et il y a des confusions entre les vivants et les morts. » Et juste comme je m’y mets, pan! l’hécatombe. Disparition d’un K : (Kilmister, Lemmy – en bas, il disent simplement Lemmy, mais restons rigoureux), un D (Delpech, Michel) et trois B (Bley, Paul; Boulez, Pierre et un autre dont le nom m’échappe). Le dernier m’avait l’air d’un drôle de zigoto d’ailleurs, toujours à changer tout le temps, mais il paraît que c’est ça qui plaisait aux gens. Je me demande sur qui ils vont pouvoir se rabattre, tiens. Si je prends une lettre aux hasard, mettons J… Forcément, depuis le temps que ça dure, il y a plus de morts que de vivants… Janacek, Leos (lui, ça fait un bail), Joplin, Janis et… mais oui ! un vivant qui devrait pouvoir faire l’affaire : lui aussi a changé régulièrement de style musical et de coupe de cheveux, il a mené une carrière au cinéma, s’est intéressé au théâtre, a monté de grands spectacles pyrotechniques et est considéré comme un chanteur incontournable… Ah ! mais il est mal classé, Johnny, c’est son prénom. C’était quoi le prénom de l’autre, déjà ? Ah oui, c’était David. Trop tard, je viens d’être muté dans un autre service…

Ilse G : Remplacer Bowie ? Quelle drôle d’idée ! Je n’ai pourtant pas toujours pensé ça ! Quand j’étais jeune (très jeune), David Bowie était un drôle de personnage, bizarrement costumé, et je pense même que je ne faisais pas le lien avec les tubes que j’entendais à la radio et que je chantais sous la douche. Et puis il y a eu des rencontres et j’ai découvert ce personnage, sa musique, et ce que je perçois comme une sorte de philosophie de vie. C’était l’époque de « Hours », mon préféré chez le Bowie récent. Là-dessus, pas facile d’écouter « Blackstar », quelques jours après la mort d’un monument musical. Je n’ai rien vu de la même façon : j’ai entendu peut-être un vieux monsieur mais toujours parfait dans le chant, les arrangements, les ambiances, l’orchestration. Je n’en suis qu’à deux écoutes (ce qui est peu pour mes articles sur LVM), mais je sens qu’un univers s’offre à moi. Ce qui rend l’absence d’autant plus cruelle !

La vidéo officielle du single éponyme Blackstar


7 titres / 41 mn (Iso Records) – Sortie le 13/01/2016

David Bowie : Voix, guitare acoustique, arrangements – Ben Monder : Guitares – Jason Lindner : Piano, claviers – Tim Lefebvre : Basse – Mark Guiliana : Batterie, percussions – Donny McCaslin : Saxophone, flûte

Produit par Tony Visconti & David Bowie

En savoir plus : www.davidbowie.com


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.