Melanie De Biasio : Blackened Cities


UNE CHRONIQUE, UNE FOIS !

Pochette de Blackened Cities par Mélanie De BiasioLorsque l’on signe pour devenir chroniqueur sur LesVeillesMusicales, la seule obligation est de fournir sa dose hebdomadaire à l’insatiable site. On est libre comme l’air, personne ne vient dire « écoute cela », « chronique ceci », mais encore faut-il dans ce mois avoir quelque chose à dire.

 

J’en étais là : que vais-je bien pouvoir faire partager pour cette nouvelle année 2017 ? Bien incapable de télécharger, je m’en remets souvent aux disques que j’achète en magasin (ou via internet). Il est fort rare que je me laisse imposer un disque par quelqu’un d’autre. Les fois où un ami m’a laissé des albums au format mp3, j’ai mis un temps considérable à les écouter. Si je n’ai pas de support, c’est comme si je n’avais pas le disque ! Certains trouvent cela dépassé, il est plus facile de compiler via un smartphone des dizaines de mp3, de jouer à l’aléatoire un disque. Moi, j’ai été éduqué à l’ancienne. Un disque (vinyle ou CD) commence au début et il s’écoute de la manière dont les musiciens et le producteur ont voulu nous le présenter. Regardez-vous un film en débutant par son milieu ?

Mon disque du mois (emprunté à la discothèque de mon petit frère Simon, qui sera content car je le mentionne pour la seconde fois) est complétement hors cadre du marketing musical actuel. Certes c’est un disque de jazz, mais il ne comporte qu’une seule plage. En cela justement, on ne sera pas gêné par l’ordre des titres. Mais envisager ces vingt-cinq minutes comme une œuvre musicale, c’est impossible pour I-Tunes. L’année dernière par exemple, David Bowie avait dû raboter son Black Star de quelques secondes pour être diffusé via le réseau à la pomme. Et ne parlons pas des albums-concepts « Thick As A Brick » et « A Passion Play » de Jethro Tull, coupés seulement à l’époque par le fatidique retournement du vinyle. Ici pas la peine, « Blackened Cities » tient sur une seule face. Le comparatif avec Ian Anderson, le flûtiste haut perché de Jethro Tull, n’est d’ailleurs pas anodin car la Belge Melanie De Biasio joue elle aussi de cet instrument et revendique la parenté, du moins l’influence. Une parmi d’autres qui sont très rock, rock-prog’. Après un premier opus, chroniqué ici-même en 2014 par Ilse G, Melanie De Biasio se révolutionne et navigue dans une lente et irrésistible montée instrumentale portée par un mantra (Goldjunkies). Peu à peu l’atmosphère déchire, le poème est scandé sur un panorama dévasté. A côté du disque, au loisir du live, la musique s’allonge, offrant plus de profondeur au « chant des possibles » (voir le concert pour FIP, en 2016). Et je suis là en ce début d’année, à voir derrière moi cette chronique qui à peine achevée, sonne en moi comme un bourdon.

 

Le teaser de l’album « Blackened Cities »


1 titre / 25 mn (Pias) – Sortie le 20/05/2016

Melanie De Biasio : Voix, flûte – Pascal Mohy : Piano – Pascal Paulus : Synthétiseur – Sam Gerstmans : Contrebasse – Dre Pallemaerts : Batterie – Bart Vincent : Choeurs

Produit par Melanie De Biasio

En savoir plus : www.melaniedebiasio.com


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