Speed Caravan : Big Blue Desert


ROCK LA CASE (BAS)

Pochette de Big Blue Desert par Speed CaravanPeut-être est-ce la fin de quelques jours de vacances passés en famille qui m’avaient inconsciemment poussé à chroniquer l’album d’un groupe au nom évocateur : la Speed Caravan de l’oudiste Mehdi Haddab. Déjà tout un programme…

 

Oh je sais, vous allez me dire qu’en Touraine – où j’étais donc il y a quinze jours –, point de désert ni de sable chaud. On y va plutôt pour dénicher des vieilles pierres, du Gamay ou du fromage de chèvre (vieux et sec de préférence). Rien que des bonnes choses. Mais revenons à nos chameaux : Speed Caravan, ce n’est pas n’importe quelle caravane et l’oud de Mehdi Haddab, ce n’est pas non plus n’importe quel oud. La première va vite et le deuxième est électrique. Voilà qui caractérise d’ailleurs idéalement le deuxième album d’un groupe qui conjugue la musique arabe à tous les temps (présent, passé, futur), avec une nette préférence pour l’imparfait du subjectif. S’il vit aujourd’hui à Biarritz, c’est pourtant à Dakar, bien calé entre désert et océan, que Mehdi Haddab a trouvé l’inspiration pour enregistrer ce « Big Blue Desert ». Véritable concentré des inspirations de l’oudiste fou, le disque nous emmène au cœur des nuits sénégalaises, au fin fond des clubs de Dakar, où sévissait hier Youssou n’Dour, aujourd’hui Pape Diouf – d’ailleurs invité sur un des titres. Et il n’est pas le seul.

Car sur cet album on retrouve des amis de longue date (Skander Besbes alias SKNDR, Pascal « Pasco » Teillet) aussi bien que la crème de la scène sénégalaise actuelle, et c’est justement cette rencontre qui donne toute sa couleur à la musique de la caravane. Puisant à la fois dans ce qu’il est et dans ce qui l’entoure, le oud-hero marie non seulement l’oriental à l’occidental, mais y incorpore cette fois en plus le mbalax et les grooves afros pour débouler à 300 à l’heure dans une sorte de célébration d’un rock aussi passionnant que (joliment) kitsch par moments. Ainsi, au milieu des chevaux, paons et autres canards (c’est que ma tourangelle de tante a beaucoup d’animaux…), j’avais parfois l’impression d’entendre Joe Satriani ou Steeve Vai en vacances dans le Sahara nous donner un aperçu de ce qu’ils savent faire de mieux. Sauf que cette fois, il n’y avait pas six cordes mais bien le double. Et ce qui me paraît formidable sur « Big Blue Desert », c’est d’entendre se croiser les quarts de ton et inflexions propres à l’instrument et à la musique arabe, des violons 70’s disco que n’auraient pas renié les Boney M et les riffs lourds lâchés dans une débauche de décibels. Mais il est somme toute logique que les chiens aboient très fort lorsque la caravane passe très vite. Vroum vroum !

 

Le teaser de l’album « Big Blue Desert »


9 titres / 00 mn (World Village) – Sortie le 09/09/2016

Mehdi Haddab : Oud électrique et acoustique – Skander Besbes : Guitares, claviers, programmations – Julien Perraudeau : Claviers – Moussa Ngom : Marimba électronique DX7 – Pascal « Pasco » Teillet : Basse – Abdoulaye Lo : Batterie – Khadim Mbaye & Alioune Seck : Percussions – Pape Diouf & Hindi Zahra : Voix – Pape Oumar Ngom & Gilles Vidal : Guitares – Sami Bishai : Violons – Peter Corser : Saxophone – Justine Mauvin : Choeurs

Produit par Skander Besbes & Mehdi Haddab

En savoir plus : www.facebook.com/speedcaravan


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