Harold Budd : Avalon Sutra


RETENEZ VOTRE SOUFFLE

Pochette de Avalon Sutra par Harold BuddSi je vous dis « Avalon » et que vous me répondez « Roxy Music » et qu’à la mention de « Sutra », le seul mot qui vous vient à l’esprit est « Kama », vous êtes loin du but. Car le présent pascal dont je veux vous entretenir est aussi loin des postures de crooner de Brian Ferry que de l’érotique indienne.

 

La réédition de l’album « Avalon Sutra » d’Harold Budd, sur le distingué label Darla, m’a fait replonger loin dans le passé. Si on me demandait, à brûle-pourpoint, de citer les cinq artistes essentiels de ma discothèque, Harold Budd n’y figurerait probablement pas, et pourtant, il m’accompagne dans mon métier de mélomane depuis trente ans. Je l’avais découvert (comme tant d’autres), par l’intermédiaire de Brian Eno, avec qui il avait co-signé en 1980 ce fleuron de l’ambient qu’était « The Plateaux Of Mirror » et, en 1984, le tout aussi envoûtant « The Pearl ». Depuis, Harold Budd a continué, imperturbablement, à creuser le même sillon, autour d’un piano minimaliste et de traitements électroniques atmosphériques. Ce dernier opus ne fait pas exception à la règle, avec le renfort du saxophone de Jon Gibson et du quatuor à cordes de James Sitterly.

Si vous êtes de ceux qui pensent que chaque nouvelle production d’un artiste se doit de témoigner d’une évolution radicale ou, à tout le moins d’un pas en avant, sachez que ce disque est une merveille de sur-place. Rien ne change dans l’univers d’Harold Budd, mais, à son écoute, faire la vaisselle ou balayer le salon devient une expérience esthétique très relaxante. Et le must est sûrement atteint avec l’unique plage du deuxième disque, As Long As I Can Hold My Breath (By Night), remix du morceau du même nom par le Californien Akira Rabelais, qui, tout au long de ses 70 minutes, vous évite même le choc d’un changement brutal de plage. Mais n’essayez pas, ici, d’appliquer le titre de cette chronique à la lettre.

 

La version audio de Rue Casimir Delavigne


15 titres / 116 mn (Darla) – Sortie le 11/02/2014

Harold Budd : Claviers, électronique – Jon Gibson : Saxophones sopranino & soprano, flûte basse – James Sitterly : Violon – Peter Kent : Violon – John Acevedo : Alto – Marston Smith : Violoncelle

Produit par Akira Rabelais,David Sylvian & Harold Budd

En savoir plus : www.haroldbudd.com


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