Tinariwen : Amassakoul


UN DÉSERT ET DES GUITARES

amassakoul-lesveillesmusicalesAu début des années 80, la musique africaine conquiert la France. Toutes les boîtes de nuit résonnent de l’afro-beat de Fela Kuti et de la juju music de King Sunny Ade. L’Afrique de l’Ouest est à l’honneur mais cet engouement reste très lié à la danse.

À l’époque, je ne danse pas (pas plus maintenant, d’ailleurs), et tout ça me laisse assez indifférent. Mais la fin de la décennie va consacrer la world music, appellation pratique pour les disquaires, qui vont enfin savoir ranger ces productions des quatre coins du monde qui échappent aux classifications habituelles. On me voit de plus en plus souvent farfouiller dans des nouveaux bacs, mes oreilles engrangeant de manière désordonnée les musiques les plus traditionnelles comme les productions les plus récentes, celles où l’électricité a changé la donne. Et … (pardon ? Ah oui, je suis censé faire la chronique d’un disque … j’y viens). Et… l’électricité débarque dans le désert, chez les Touaregs.

Créé en 1982, Tinariwen (Aaah … nous y voilà !) va devenir une des formations phares des musiques du Sahel malien. Qualifiée de blues du désert, leur musique n’est pourtant pas du rock africain, mais bien de la musique africaine qui emprunte au rock une part de son instrumentation, notamment les sons distordus de la guitare électrique, mais en conservant nombre d’éléments caractéristiques de la musique touarègue. Comme ailleurs sur le continent, on applique à cet instrument d’importation des techniques de jeu réservées autrefois aux instruments à cordes traditionnels. Concerné par la rébellion touarègue de 1990, le groupe n’a cessé de véhiculer des paroles de résistance et est devenu le symbole d’un mouvement culturel à part entière. Je me focalise ici sur leur album de 2004, « Amassakoul », mais il va de soi que chacun de leurs albums est hautement recommandé, notamment « The Radio Tisdas Sessions » (2000) ou « Aman Iman » (2007). D’ailleurs, un groupe qui compte parmi ses fans Robert Plant et Damon Albarn, ne saurait être entièrement mauvais.

Tinariwen interprète Massakoul & Tenere en live chez Jools Holland


11 titres (Triban Union) – Sortie le 20/12/2004

Ibrahim Ag Alhabib : Voix, guitare – Alhousseïni Abdoulahi : Choeurs, guitare, calebasse – Eyadou Ag Leche : Choeurs, basse, calebasse – Elaga Ag Hamid : Choeurs, guitare – Said Ag Ayad : Choeurs, percussion – Mina Waler Oumar : Choeurs, claps – Bagaye Ag Ayad : Derbouka

En savoir plus : www.tinariwen.com


3 Comments on “Tinariwen : Amassakoul

  1. Pingback: FOOL’S GOLD : Flying Lessons | LesVeillesMusicales

  2. Une belle chronique comme j’aime, qui nous fait vraiment découvrir un aspect particulier de cet album à travers ton regard curieux. Merci Bertrand !

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