Manuel Volpe & Rhabdomantic Orchestra : Albore


IL EST 5H, BARI S’ÉVEILLE

Pochette de Albore par Manuel VolpeTout est calme. Alors que la nature s’extirpe peu à peu de sa torpeur nocturne, le soleil pointe lentement le bout de son nez et la vie s’éveille ainsi à une nouvelle journée dans un monde de vitesse et de précipitation. De ce contraste, tout est dit ou presque pour résumer le nouveau disque de Manuel Volpe.

 

Ma chronique pourrait donc s’arrêter là, mais je ne respecterais alors pas les consignes du Grand Intendant quant au minimum de mots dans les articles que nous publions (toujours là pour nous empêcher de chroniquer en rond celui-là, de vrais forçats, on vous dit). Et pourtant, que pourrais-je bien ajouter au sujet de cet « Albore » (qui signifie très justement aube, en italien), si ce n’est qu’il s’agit là du premier opus du Rhabdomantic Orchestra de l’Italien Manuel Volpe, pour qui c’est en revanche le deuxième album. Que ceux qui pensaient que la scène jazz de l’autre côté des Alpes se limitait à Paolo Fresu aillent se rhabiller. Et de la même façon, que tous ceux qui pensaient que les noms des Italiens se terminaient toujours en « i » (sur LVM donc, les Nutini, Legnini, Einaudi, Gualazzi…) aillent se rasseoir à côté de ceux qui se rhabillent. En effet, tous risquent de prendre une sacrée claque à l’écoute de ce disque.

Manuel Volpe est donc un jeune bassiste de vingt-huit ans, issu de la très bouillonnante scène italienne. Et ici il compose, arrange, dirige, joue de son instrument et chante une musique inspirée et inspirante, au carrefour du jazz et des musiques du monde, avec même un soupçon de soul pas désagréable par moments. Dès la pochette sobre et son paysage sombre, on sait qu’on va naviguer entre classe et mystère, sans jamais être toutefois à l’abri des surprises qui pourraient jaillir de cette étendue d’eau apparemment (trop ?) paisible. Serait-ce une version ritale du Loch Ness ? Dès les premières notes en tout cas, ce que l’on savait se confirme alors. La sophistication des arrangements de Volpe n’aura d’égal que la chaude profondeur de sa voix, presque parlée, un peu comme si le jeune homme nous glissait quelques confidences à l’oreille. Et tout au long des quarante minutes de l’album, aux longues et paisibles notes tenues des bois (flûte, clarinette et saxophones) succèderont sans cesse des gimmicks teintés de soul et d’afro-beat que les cuivres balancent çà et là sur des rythmiques de congas qui fleurent bon les années 70. Tout un monde d’hier et d’aujourd’hui en ébullition. Et il n’est que cinq heures du mat’…

 

La vidéo officielle du single Nostril


10 titres / 39 mn (Agogo Records) – Sortie le 01/04/2016

Manuel Volpe : Voix, basse – Michele Bernabei & Matteo Frau : Trompette, bugles – Maurizio Busca : Saxophone alto, clarinette – Dario Terzuolo : Saxophone ténor, flûte – Luca Zennaro : Saxophone baryton – Gianandrea Cravero : Guitare – Fabio Gorlier : Claviers – Riccardo Trasselli : Contrebasse – Simone Pozzi : Batterie – Luca Spena : Percussions – Cecil Delzant : Violon – Lucia Sacerdoni : Violoncelle – Lisa Luminari : Voix

Produit par Manuel Volpe

En savoir plus : www.manuelvolpe.com


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