Yak : Alas Salvation


YAK AS FUCK !

Pochette de Alas Salvation par YakQuand on se choisit comme patronyme celui d’un cornu ruminant thibétain, on se doit de produire une musique qui en balance mais aussi d’essaimer quelques moments de paix.

 

Depuis plusieurs mois, la presse Outre-Manche met en exergue Yak, ce jeune trio qui fut de suite remarqué par les non moins célèbres labels Fat Possum et Third Man. Les disquaires ont mis dans les bacs une poignée d’ EP sur lesquels leur musique est à l’image de leurs couvertures (des œuvres signées de l’artiste britannique Nick Waplington) : des jets de peinture sur une toile bien propre. Un trio, du garage-rock-grunge teinté sixties, un côté arty, il n’en faut pas moins au chroniqueur au chapeau pour veiller. L’énergie du groupe emprunte aux vieux (Use Somebody sonne comme un Stooges,  Doo Wah mixe le Velvet Underground avec de la Britpop), mais puise aussi dans la vivacité destroy d’un Jack White, période White Stripes (Alas Salvation, Victorious (National Anthem)) et là, je monte le son, potards au max ! Le trio construit des atmosphères qui passent du lourd au soyeux où un riff de western-spaghetti peut devenir un matraquage sonore dantesque (Smile). Enfin, comme sonné, le dernier long titre du disque s’achève en acoustique.

Tout cela était prometteur et passait en boucle sur mon tourne-disque. J’étais conquis quand, inopinément, je vis qu’ils allaient jouer dans la salle la plus improbable de Lille, une péniche ancrée aux abords de la « Reine des Citadelles ». Rien ne vaut le contact d’une scène pour voir si tout ce buzz tient debout, et je fus rassuré par la présence d’une vrombissante basse Rickenbacker, d’une Fender Strat’ et d’une batterie somme toute basique. Le trio joua tout feu tout flamme son petit mais déjà rôdé répertoire, où se glissèrent quelques mesures du 21st Century Schizoid Man de King Crimson. Je m’attendais à un final destroy mais ils furent ce samedi là – si l’on peut dire – calmes, peut être à cause de la grosse cymbale complétement flinguée qui n’en fut pas moins frappée à tour de bras durant tout le show autant que mon âme de rockeurs. Yak As Fuck !

 

La vidéo officielle du single Harbour The Feeling


13 titres / 40 mn (Octopus Electrical) – Sortie le 13/05/2016

Oliver Henry Burselm : Voix, guitares – Andy Jones : Basse – Elliot Rawson : Batterie

Produit par Steve Mackey


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