Alba : A Parulluccia


ASTÉRISQUES EN FORCE

Pochette de A Parulluccia par AlbaSur LesVeillesMusicales, on aime découvrir mais on aime aussi prendre son temps, en dehors de tout phénomène de mode, d’actualité, d’empressement. On aime creuser inlassablement un sillon dans l’aride terre musicale et aller chercher le son à sa racine. Des mots chers aussi à Alba.

 

En bon latinophile que je fus à une certaine époque, j’aurais pu me dire qu’Alba était la déclinaison (au nominatif pluriel donc) d’album. Et en effet, « A Parulluccia » constitue presque plusieurs disques, plusieurs univers en un. Mais puisqu’il est d’abord question d’album, ce serait plutôt un album de bande dessinée qui m’a – bien malgré moi – accompagné tout au long de l’écoute et de la découverte du nouvel opus que nous offrait en début d’année un des groupes phares de la scène musicale corse d’aujourd’hui. Si je fais référence bien entendu à « Astérix en Corse » du tandem Uderzo/Goscinny, ce n’est pas par pur hasard. La musique d’Alba vient nous montrer que l’île de beauté n’est pas qu’une montagne de clichés qui auraient encore la vie dure en 2018. Bien sûr, il y a le GR20, Napoléon 1er, les fromages corses… et Ocatarinetabellatchitchix. Mais la riche musique du sextuor vient gentiment tordre le coup à bon nombre d’idées reçues.

Moi-même d’ailleurs, je dois dire que j’ai longtemps réduit la musique corse aux polyphonies du même nom (qui, pour un cht’i, il faut bien le dire, sonnent un peu toujours pareil : rien ne vaut les capenoules !), à I Muvrini et… à Patrick Fiori. Je sais, y’a pas de quoi être fier (est-ce à dire corse ?). Et j’avoue que la belle découverte que fut ce disque m’a quelque peu réconcilié avec le genre, dévoilant certes une tradition polyphonique autant que monodique, avec ses règles, intonations et mélismes incomparables, mais une tradition plus ouverte sur le monde d’aujourd’hui. S’il est très à l’aise sur un chant de berger traditionnel a capella (une paghjella), le groupe n’hésite pas à enrichir sa musique vocale de guitares, harmonium et autres instruments à vent, à lui donner l’assise profonde et chantante de la basse électrique et à repousser les frontières jusqu’à lui donner des couleurs orientalisantes. Tout en perpétuant donc une culture insulaire, c’est sur toute la méditerranée que rayonne ainsi la musique d’Alba, une musique empreinte tantôt de nostalgie, tantôt de joie, mais toujours de soleil : « La chaude lumière s’immerge / Et tout en moi s’apaise / Les souvenirs au creux du crépuscule / S’invitent comme autant de baisers ». Et ce ne sont pas Carferrix, Caféolix ou Salamix qui me contrediraient (heureusement, ils sont si susceptibles).

 

Petite présentation de la musique d’Alba


10 titres / 38 mn (Absilone) – Sortie le 05/01/2018

Sébastien Lafarge : Voix, harmonium – Jean-François Vega Albertini & Ghjuvan Francescu Mattei : Voix, guitare – François Guironnet : Voix, clarinette, pivana – Eric Ferrari : Voix, basse – Laurent Barbolosi : Voix, violon – …

Réalisé par Alba

En savoir plus : www.l-alba.com


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