The Richmond Sluts : 60 Cycles Of Love


ON THE TURNTABLE AGAIN !

Pochette de 60 Cycles Of Love par The Richmond SlutsIl y a huit ans, le monde entier vivait dans l’espérance. L’Obamania battait son plein. Il était permis de croire, même pour l’athée que je suis, que l’Amérique de la Statue de la Liberté  allait faire oublier les années Bush, la guerre en Irak, ouvrir un dialogue de paix avec le Proche Orient, bref que les mots du Pasteur King allaient devenir une réalité…

 

Pauvres naïfs que nous sommes ! Depuis le 20 janvier, un milliardaire égocentrique rétrograde et climatosceptique dirige à nouveau la nation qui m’envoie régulièrement ce qu’elle a fait de meilleur, à savoir le rock ‘n’ roll (l’analyse est de Keith Richards). Le côté transgressif, rebel (le drapeau sudiste sur la caisse de guitare d’Henry Vestine de Canned Heat), de cette musique ne fait pourtant pas de tous ceux qui la jouent des types cools et progressistes. Voyez les propos conspirationnistes des Eagles Of Death Metal sur le Bataclan ou le guitariste Ted Nugent qui adore faire des concours de tirs pour dégommer des écureuils ! A l’heure où l’Amérique WASP est (par défaut) triomphante, il y a de quoi se poser des questions. J’en étais là de mes réflexions quand je vis cette belle pochette tout droit sortie des road movies culte des Sixties. La bannière étoilée, une Harley, Easy Rider, là encore la dualité des USA. Puis vint la surprise. Sur le sticker, ce nom : The Richmond Sluts ! Quoi ? Un disque de ce groupe ! Nom de Zeus, les cendres du Phoenix. J’en tremblais d’émotion car la dernière et unique fois que ce gang au rock pur et dur avait sorti un album, j’avais vingt ans. Quinze années sans rien de nouveau ! Ce premier disque était un régal, des californiens faisant revivre le CBGB’s et puis plus rien à part une autre brève monture “Big Midnight”. Curieuse absence de succès au début des années 2000, qui virent re-fleurir le bon temps des groupes à guitare et d’un rock sans fioriture (Libertines, White Stripes…).

Alors Max, quel diagnostic quinze ans plus tard ? Ce n’est pas du réchauffé. Certes, la musique affichée ne propose absolument rien de novateur, mais en prenant de la bouteille, le groupe a ajouté quelques cordes musicales, l’ancrant plus encore aux tournant des années 60 et leur slogan Born to boogie n’est absolument pas pour me déplaire. L’aiguille posée sur ma platine (turntable, donc) offre I Wanna Know, qui semble être un Stooges inédit (allez voir au cinéma le docu de Jim Jarmush, il vient de sortir) puis Don’t Need You, où le jeu de guitare hendrixien a littéralement fait frétiller mes santiags mexicaines. Le reste de l’album est du même calibre excellent. Un carton. Bang Bang. Voilà un créneau libertaire dans l’espace temps, une respiration salutaire entre une énième alerte à la pollution et un tweet bas de plafond du locataire de la Maison Blanche.

 

La vidéo officielle du single Motel Boogie


10 titres / 36 mn (Mauvaise Foi Records) – Sortie le 12/12/2016

Shea Robertes : Voix, guitares, lap steel, harmonica, percussions – Jesse Nichols : Guitares, voix – Justin Lynn : Claviers, voix – Chris Beltran : Basse – John Tyree : Batterie – Lee Gallagher : Harpe – Rob Easson : Guitares

Produit par Shea Roberts

En savoir plus : www.richmondsluts.bandcamp.com


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