Calexico en concert

Dimanche 24 février 2013, 20H00 – L’Aéronef, Lille

Il y avait très longtemps que je n’étais pas allée à un concert autre que jazz ou classique et je dois dire que j’ai été vernie pour ma reprise (il faut dire que j’avais été bien conseillée). Nous avions décidé avec Guillaume G de partager ce moment, et rien que me replonger dans les sensations du concert pour écrire ces quelques notes est agréable car on a franchement adoré !

Dimanche 24 février 2013, 20H00 – L’Aéronef, Lille

Mais rentrons tout de suite dans le vif du sujet. The Dodo’s, la première partie, était déjà très costaud. Duo composé de Meric Long (guitare) et Logan Kroeber (batterie), et s’inscrivant dans la même veine folk que Calexico, ils sont jeunes et leur maturité musicale m’a impressionnée grandement. Même si l’on sent qu’ils se cherchent encore sur certains passages, il y a des choix qui sont déjà faits : une musique loin du « poum tchak », alliant à merveille la batterie seule aux arpèges de guitare. La quintessence. Et ils savent finir un morceau en beauté ! J’ai aussi retenu leur sens du contact avec le public, ce qui n’est pas toujours aisé quand on joue en première partie…

La version de Good de The Dodo’s à laquelle on a eu droit, à quelques détails près…


Arrivait ensuite la tête d’affiche de ce concert : Calexico. Avec eux, j’ai vraiment eu l’impression de faire un voyage. À chaque morceau, on m’emmenait quelque part et les musiciens savaient très bien où l’on allait. Les chemins étaient variés, les morceaux pas linéaires mais pleins de nuances dans plusieurs sens : le son, l’ambiance, la rythmique, …, bref tout un vocabulaire musical. Bien sûr, la setlist faisait la part belle aux titres du dernier album du groupe, « Algiers », mais pas seulement. Des chansons plus anciennes et tout aussi hautes en couleur, au milieu desquelles par exemple la rythmée Alone Again or, sont venues rythmer un concert généreux (si l’on en juge ne serait-ce que par les 6 rappels !). Les ambiances entre les différents morceaux variaient aussi de l’un à l’autre. À se demander même si Calexico ne pourrait pas devenir un mot valise contenant California et Mexico… J’ai reconnu plusieurs influences diverses (mais mes connaissances sont très approximatives dans cette musique) : parfois de la country (c’est peut-être la pedal steel qui me fait dire ça), parfois carrément mexicaine (j’ai d’ailleurs adoré pouvoir crier « aiaiaie » et « arriba »). Ce qui est certain, c’est que l’apport des deux trompettistes (quel son !), de l’accordéon, du vibraphone ou de la contrebasse à l’archet est décisif dans la définition d’un « son Calexico ». Jamais je ne me suis ennuyée, et j’ai même eu par moments l’impression que la musique « m’emplissait ». Le son dans la salle de l’Aéronef était extra, peut-être juste un peu trop de graves pour mes oreilles de flûtiste car j’avais du mal à comprendre les voix.

L’ambiance sur scène était aussi extra ! J’ai, pour ma part, vu un esprit d’équipe avec une vraie organisation en réseau, et pas en hiérarchie. Chaque musicien avait sa place, et sa personnalité musicale pouvait donc s’exprimer. Du coup, j’ai l’impression que chacun a plus ou moins quelque chose à prouver et se donne à fond. L’introverti batteur John Convertino, impressionnant de solidité dans la pénombre de son coin de scène, semblait vivre chaque note, tandis que Joey Burns, illuminé d’un plaisir évident d’être là, partageait ce dernier avec une salle pleine. En fait, toutes les attitudes de jeu m’ont plu. J’aime quand des musiciens sont capables d’envoyer une musique rythmée, parfois carrément balèze sans grands tralala sur scène. Leur présence paraissait juste naturelle. J’ai senti l’ambiance s’installer un peu à la fois, de plus en plus libre, relâchée, ou plutôt relax, en communion avec un public nombreux et qui n’hésita pas à reprendre en chœur les classiques du duo américain. Et que dire du fait que les musiciens de la première partie, The Dodo’s, aient rejoint le groupe pour deux superbes bis, illustrant une nouvelle fois ce soir-là une vision du monde que j’aime beaucoup : ne faisons pas comme si nous étions tous égaux (d’ailleurs ce serait ennuyeux à mourir) mais prenons nos différences comme une richesse et donnons sa place (c’est ça qui doit être à égalité) à chacun… Voilà pour moi l’esprit coloré de Calexico !

Alone Again Or en live au festival Rockpalast, en 2006


Bref, pour ma part, et comme nous l’a dit Joey Burns, que nous avons eu la chance de rencontrer un bon moment à la fin du concert, tout était extra dans cette soirée : la musique, le son, le public, jusqu’à l’équipe de l’Aéronef, très accueillante, du bar à l’équipe de sécurité. J’espère vraiment que Joey Burns appréciera la bouteille de vin français que LVM lui a offerte avec plaisir ce soir-là ! Alors, rendez-vous pour un prochain concert et en attendant, Cheeeers…


Lire la chronique de leur album « Algiers » sur LesVeillesMusicales

Merci à Calexico (Joey, John & les musiciens) et à l’équipe de l’Aéronef.


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