Aldebert : ITV # 5

Après avoir sorti un premier album d' »Enfantillages » en 2008, le bisontin (natif de Besançon, rien à voir avec l’animal à fourrure, quoique…) réitérait fin 2013 avec « Enfantillages 2 ». À l’occasion d’une petite étape par chez nous au cours de sa tournée, à Sin le Noble, nous avons pu lui poser quelques questions et laisser libre cours à nos âmes d’enfants.

Pochette de Enfantillages 2 par Aldebert

LVM : Quel a été le cheminement pour donner une suite aux premiers « Enfantillages » ?

Aldebert : En fait, entre les deux il y a eu un album adulte qui s’appelait « Les Meilleurs Amis », et puis j’ai eu envie de revenir au jeune public parce que c’était une aventure musicale et humaine incroyable. Je découvrais ça, puisque je viens plutôt d’un répertoire adulte au départ, et pendant la tournée d’ « Enfantillages 1 » – on a joué le spectacle 300 fois -, toute l’énergie et tout ce qui s’est passé m’ont donné envie de réécrire pour les enfants, de prolonger l’aventure avec de nouveaux invités, de nouvelles chansons et de nouveaux personnages.

 Justement, comment on fait pour réunir encore une fois une telle pléiade d’artistes ?

C’est assez simple en fait. Une fois la chanson composée, je la propose aux musiciens, qui sont aussi les arrangeurs, avant même d’entrer en studio. Quand la chanson est enregistrée, on voit ensemble qui on entendrait bien pour telle ou telle chanson, sans se mettre aucune barrière. On peut faire de grands écarts, comme passer d’Alizée à Didier Vampas sur cet album par exemple, mais on s’autorise tout. Une fois qu’on est d’accord, j’appelle les personnes auxquelles on a pensé, et elles acceptent ou pas. Après il y a des gens qu’on aime bien. Chaque enregistrement se fait sur une demi-journée, il faut donc concentrer tout ça sur un mois environ à Paris. C’est un peu compliqué mais ça se fait bien.

En dehors de leur interprétation, quel est l’apport de chacun des invités ? Apportent-ils des modifications au niveau de la musique ou du texte ?

Au niveau du texte, ça arrive, ça dépend qui. François Morel, par exemple, a carrément improvisé un sketch au milieu du morceau. Je suis très ouvert au changement, et c’est bien aussi qu’ils viennent bouleverser la chanson, qui est déjà maquettée, au départ.

Écrire pour les enfants, est-ce conscient ou pas pour toi ? Est-ce très différent d’un répertoire adulte ?

Pas vraiment non. Je n’ai pas l’impression de mettre un costume de chanteur pour enfants. Je pense que j’ai ça en moi et j’écris assez naturellement. Ça vient aussi de mon caractère et je me sens à l’aise avec cette écriture.

Ma nièce, qui est venue te voir en concert et qui connaît tous tes « Enfantillages » par cœur, se met maintenant à chanter ton répertoire adulte de la même façon.

Ah oui ? C’est marrant ça ! C’est vrai que d’un côté, il y a des gens qui m’ont découvert par « Enfantillages » et qui ne savaient pas du tout que j’avais sorti des disques adulte et d’un autre côté, il y a des habitués qui me suivent sur mes tournées depuis le début, et qui viennent aujourd’hui voir « Enfantillages » avec leurs enfant, c’est assez amusant. Tout ça est aussi sûrement dû au fait qu’entre les deux répertoires, on n’est pas complètement aux extrêmes. Dans mon répertoire adulte par exemple, j’ai également pas mal de chansons sur l’enfance, du coup il doit y avoir des ponts qui se créent entre les deux.

L’aspect teasing et les vidéos qui ont accompagné la sortie du disque en octobre dernier, on les doit à un homme bien dans son époque ou c’est juste du pur plaisir ?

C’est un peu des deux en fait. J’ai bossé dans la photo et la vidéo avant d’avoir le statut d’intermittent et d’être pro en musique, et ça me sert beaucoup aujourd’hui. J’ai toujours fait du montage vidéo, c’est un peu comme mes chansons, au début je faisais ça pour mes potes, pour me marrer, et c’est devenu un boulot. Pour le reste, je pense qu’en 2014, être auteur-compositeur c’est avoir plusieurs casquettes. Le métier a beaucoup changé, on ne consomme plus la musique comme il y a vingt ans, l’image et l’internet font partie de notre job. Aujourd’hui, j’ai intégré Youtube et Facebook à mon activité professionnelle. Après c’est clair que j’adore faire ces vidéos, c’est vraiment un kiff !

Et ça se sent d’ailleurs, autant chez toi, chez les musiciens qui t’accompagnent, que chez les invités d’ailleurs.

J’ai une volonté de travailler d’une façon très familiale et très simple. Dans le métier, j’ai beaucoup de collègues qui, d’un jour à l’autre, vont changer complètement les équipes de tournée, pendant qu’en studio ça bouge aussi tout le temps. Moi j’ai plutôt tendance à garder les mêmes personnes. Les côtés « colonie de vacances et grande famille qui part sur la route », c’est vraiment quelque chose qui me tient à cœur. Et c’est forcément ce que j’ai envie que les gens retiennent quand ils nous voient sur scène ou quand ils regardent les vidéos. On est naturels et ça se passe vraiment comme ça. Et puis j’ai besoin de rentrer sur scène avec des gens que j’aime et avec qui ça se passe bien. Sinon ce serait autre chose, je pense.

Pendant tes concerts, tu descends dans la salle en échasses. Fais-tu beaucoup de choses avec les enfants que tu ne fais pas avec les adultes ?

Oui, il y a beaucoup de choses. J’ai travaillé avec le Cirque Plume sur une tournée qui s’appelait « J’Ai Dix Ans », et j’ai une certaine fascination pour le cirque en général. Du coup, on peut dire que j’ai intégré un peu d’acrobatie en quelque sorte. Il y a des échasses, mais il y a aussi des chaussures à roulettes sur certains titres. Et puis c’est le spectacle jeune public qui veut ça, il faut qu’il y ait des évènements. En fond de scène, il y a une soucoupe volante qui parle, qui communique et qui donne une sorte de dimension extérieure. Dans cette soucoupe, il se passe des choses, il y a des vidéos, des dessins, des ombres chinoises, des marionnettes, tout ça est très complet en fait, et très vivant. Avec les enfants, on ne peut pas juste enchaîner les chansons et dire au revoir. J’aime bien cette dimension dans laquelle il y a un peu de one-man show, un peu de théâtre, un peu d’acrobaties et de médias mélangés.

Côté projets, il y a les concerts bien sûr. Les mois à venir vont être chargés, je suppose, mais as-tu d’autres envies que la scène ?

On va sortir des albums illustrés, sortes de déclinaisons des chansons. C’est un peu en train de se mettre en place et on espère pouvoir sortir ça à la rentrée, avec deux histoires, une sur la soucoupe volante et l’autre sur l’anniversaire de Super Mamie. En fait j’aimerais me lancer dans une série « Enfantillages » en livres.

Et un album adulte dans les tuyaux ?

Pas pour l’instant. Mais je ne déserterai pas complètement ce répertoire-là. Si les chansons viennent, ça se fera.

« Enfantillages 3 » alors ?

Un peu en route déjà. En fait, j’ai eu un petit garçon au mois d’août l’année dernière et ça m’a énormément aidé à me plonger dans cet univers-là, même plus qu’avant d’ailleurs.

Ça doit être top pour lui chanter des berceuses, non ?

Oui ! Après peut-être qu’en grandissant, il ne supportera pas ce que je fais, il trouvera ça ringard. Mais c’est vrai qu’avoir un enfant à la maison quand on écrit pour les enfants, ça donne plein d’idées, on se projette forcément.

Dernière question de la part de ma nièce, c’est qui Super Mamie ?

C’est Super Mamie, je ne peux pas révéler ça… (rires)


Lire la chronique de « Enfantillages 2 » sur LesVeillesMusicales

Lire le live-report d’Aldebert sur LesVeillesMusicales

En savoir plus : www.aldebert.com

Merci à Aldebert & Jérôme


2 Comments on “Aldebert : ITV # 5

  1. Pingback: ON ÉTAIT AU CONCERT DE : ALDEBERT | LesVeillesMusicales

  2. Pingback: ALDEBERT : Enfantillages 2 | LesVeillesMusicales

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.