Le A : ITV # 6

À la veille de la sortie de leur deuxième EP le 20 mai, les quatre bordelais du A étaient de passage au Printemps de Bourges et à Paris. Le bédéphile que je suis ne pouvais passer à côté d’une si belle occasion de poser quelques questions à Ita Duclair, guitariste et chanteuse. Une vraie belle découverte qui s’affirme…

Pale Echo

LVM : Qui est le A ? Peux-tu m’en parler un peu ?

Ita : En 2012, Blandine (synthés, chant) et moi (guitares, chant) nous sommes rencontrées. Au tout début, on faisait plutôt de la musique folk acoustique. Par la suite, on a rencontré Émeline (guitares, chant) et intégré, il y a environ deux ans, Mickaël (batterie). Comme on a laissé tomber la guitare acoustique depuis, notre musique aujourd’hui est beaucoup plus rock qu’avant, avec les guitares électriques et la batterie.

Votre nom, Le A, est une référence au héros de BD Philémon. Est-ce tout à fait fortuit ou s’agit-il plutôt d’une vraie envie ?

En fait, mon père était libraire donc j’ai lu beaucoup de bandes dessinées, et j’ai notamment grandi avec « Philémon », qui était une de mes BD préférées. Dès le début, j’ai proposé ce nom-là à Blandine qui l’a tout de suite aimé. On a d’ailleurs voulu faire un clin d’œil sur notre premier EP à cette référence, à travers « Le Naufragé Du A », qui est le premier tome de la série. On s’est amusés aussi à y faire d’autres petites allusions, notamment sur la pochette.

On a tendance à qualifier votre style musical de « pop shoegaze », mais est-ce que ça vous convient ?

Pour nous, on fait du rock. Mais c’est vrai qu’on affectionne les mélodies un peu plus pop aussi. Comme on aime garder un gros son derrière, alors oui il y a du shoegaze là-dedans, puisqu’on insiste sur la tension qui se crée entre des musiques rock et lourdes et un chant plus aérien aux mélodies pop donc.

Avez-vous certaines influences, des noms de dignes représentants de ce genre musical ?

On aime tous pas mal My Bloody Valentine. Après ce ne sont pas forcément nos plus grandes influences musicales. On s’est plus retrouvés à faire du shoegaze un peu par hasard car nos influences à tous sont très différentes.

Justement, en dehors du shoegaze alors, quelles sont vos inspirations et en quoi ces inspirations alimentent-elles l’univers du A ?

Nous sommes trois à composer, Émeline, Blandine et moi. Quand quelqu’un amène une compo, on se met toutes les trois à bosser dessus, et il y a donc forcément un gros mélange d’influences puisqu’on écoute par exemples des choses très différentes pour se rejoindre sur d’autres. Blandine aime le rock 70’s alors que je suis plutôt attirée par les années 90, tandis qu’Émeline écoute plus le rock actuel.

Votre deuxième EP « Pale Echo » sort le 20 mai prochain en digital. Comment s’est passé l’enregistrement ?

On l’a en fait enregistré d’une traite l’été dernier dans le même studio que pour notre premier EP, à La Machine À Rêves, en Charente. Ça s’est très bien passé parce qu’on était bien préparés, tous d’accord sur ce qu’on voulait faire. Il faut dire qu’on en avait beaucoup parlé en amont car nous voulions vraiment que ce deuxième disque nous ressemble encore plus que le premier. On a envie aujourd’hui d’affirmer un peu plus notre style et de revendiquer notre côté rock face aux gens autour de nous qui auraient tendance à dire qu’on fait de la pop. On a d’ailleurs repris un morceau qu’on avait enregistré l’année d’avant pour notre premier EP, et au final on l’a complètement retravaillé pour le mettre sur « Pale Echo ».


La version live studio de Sirius I


« Inseln », votre premier EP, était sorti il y a tout juste un an, en avril 2014. Outre l’évolution du groupe, la musique elle-même a-t-elle sensiblement changé ? Je l’ai trouvée plus sombre personnellement…

C’est vrai. Nous-mêmes avons ressenti que « Pale Echo » était plus sombre que son prédécesseur. Disons que pour « Inseln », nous ne savions peut-être pas encore bien ce que nous voulions, comme tout est allé très vite et qu’on a enregistré très tôt. Le groupe était encore un peu en devenir, on ne savait pas nous-mêmes si on voulait plutôt faire du rock ou de la pop… Aujourd’hui il y a ce côté plus rock, lourd, sombre et ça c’est notre style.

Sur « Pale Echo », vous glissez un premier titre en français, Louise. Cela vient-il d’une envie commune ? Et d’une manière générale, travaillez-vous plutôt de façon collective ou individuelle ?

Comme nous sommes trois à composer, l’une ou l’autre crée toujours une trame, un squelette de son côté, elle enregistre une maquette et la présente aux autres. Ensuite, en répétition chacun construit ses parties d’instrument lui-même. Souvent, toute la structure du morceau est repensée, comme on travaille énormément sur les voix par exemple. Et pour le titre en français, c’est en fait venu assez naturellement, sans qu’on se pose vraiment de questions.

Le A, c’est trois filles et un garçon. Dans notre société profondément misogyne, et au-delà du caractère purement vocal, penses-tu que cette formule vous apporte quelque chose de plus ou pas spécialement ?

Je ne sais pas vraiment en fait. Moi j’aime bien bosser avec les filles, mais ce qui est sûr c’est qu’on a une autre sensibilité, une manière différente d’approcher la musique, qu’on soit une fille ou un garçon. Mais je pense que c’est juste différent, pas forcément mieux ou moins bien.

Vous sortez tout juste d’un concert au Printemps de Bourges et un autre au Café de la Danse à Paris le lendemain. Comment avez-vous vécu ces beaux moments ?

C’était génial ! Le Printemps de Bourges, c’est quand-même un petit rêve qui se réalisait. On a donné un super concert et il n’a même pas plu ! On était sur la scène « Printemps Des Régions », avec d’autres groupes des régions Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes. Quant au Café de la Danse, c’était dans le cadre du festival « Clap Your Hands », en plateau partagé avec Tahiti 80 et Shorebilly, et on a passé une excellente soirée.

Quels sont les projets du A dans les mois à venir ?

On commence à bosser pour notre premier album. Aucun enregistrement n’est prévu pour le moment mais on commence à écrire pour ça. Parallèlement à ce gros projet, on commence à réfléchir à des clips vidéo pour accompagner le nouvel EP, et on part en Suisse pour deux dates les 14 et 15 mai prochains. Des festivals cet été devraient se confirmer, mais pour le moment on veut surtout composer et se donner du temps pour la suite…


Lire la chronique de « Pale Echo » sur LesVeillesMusicales

En savoir plus : www.lalettrea.bandcamp.com

Merci à Ita & Baptiste


One Comment on “Le A : ITV # 6

  1. Pingback: LE A : Pale Echo | LesVeillesMusicales

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.